Miser sur l’essor des produits locaux

AgribusinessTV 14 août 2024 756 Aucun commentaire

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Il y a quelques mois, j’ai intégré l’équipe de rédaction d’Agribusiness TV. La web télévision qui s’est donné pour sacerdoce de mettre en lumière des entrepreneurs modèles évoluant dans divers domaines, notamment l’agroalimentaire. Cela dit, il est donc flagrant de constater la contribution des médias dans la promotion des micro entreprises spécialisées dans la transformation locale du Burkina Faso. Quels sont donc les avantages de la création de ces entreprises agroalimentaires ? Pour un pays tel que le Burkina Faso en quête de l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire et la lutte contre la précarité des populations, il tire près de 40% de son produit intérieur brut (PIB) du secteur agricole. À cet effet, le secteur rural occupe une place prépondérante, avec environ 80% de sa population active selon Inter-réseaux. La transformation agroalimentaire devient ainsi une piste de solution qui impacte positivement le tissu social et économique du pays. Réduire les pertes post-récoltes La création des entreprises permet naturellement aux producteurs d’écouler leurs récoltes sans faire face à d’énormes difficultés en ce sens que la plupart de leurs produits sont périssables et saisonniers. Prenons l’exemple de la tomate mûre qui a une durée de conservation limitée. La transformation permet aux consommateurs également de se procurer ces produits à tout moment. Moteur de progrès et de développement La transformation des produits sur place contribue à créer et maintenir des emplois au niveau local, réduisant ainsi le chômage. En tant que journaliste, je reçois régulièrement des témoignages de jeunes qui réussissent à subvenir à leurs besoins en travaillant dans des entreprises de transformation. Gaston BAZIÉ, par exemple, m’a confié lors d’un tournage qu’il envisage de se lancer dans le secteur de la transformation grâce aux économies réalisées dans l’entreprise où il travaille. C’est ainsi qu’on crée de la valeur ajoutée. Outre cela, la valorisation des produits locaux est un facteur de développement d’une identité locale viable et forte. En effet, il est courant à mon niveau de recevoir des appels de personnes vivant à l’extérieur du Burkina Faso comme la Guinée, la Guadeloupe, le Mali dans le but de rentrer en contact avec des entrepreneurs pour diverses raisons (rencontre B to B, B to C, Formations…) De toute évidence, la création et la valorisation des entreprises de transformation locale devient une alternative capitale pour tendre vers une évolution socio-économique plus effective. Et de ce que je vois habituellement sur le terrain, d’ici à l’horizon 2030, l’univers entrepreneurial agricole poursuivra son essor. Aïcha SAWADOGO

L’importance de la semence

AgribusinessTV 7 août 2024 1030 Un commentaire

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La campagne agricole s’est déjà installée, même si elle se fait encore désirer dans certaines localités. Que de bonne moisson soit au rendez-vous à l’issue de la campagne. Une moisson en abondance, c’est tout le mal que je souhaite à tous ces producteurs agricoles du monde entier, petits ou grands. Ces derniers travaillent la terre sans relâche afin que nous ayons de quoi faire bouillir la marmite pour la maisonnée. Mais, une bonne récolte suppose aussi faire un bon choix de semence.     Opter pour des semences de qualité « La semence est le début de la chaîne alimentaire. Celui qui contrôle la semence, contrôle la chaîne alimentaire, donc contrôle le peuple ». Cet extrait de Dominique Guillet renforce la place primordiale de la semence dans la chaîne de valeur agricole, dans la sécurité alimentaire, et par ricochet la préservation de la vie humaine.  Le secteur agricole burkinabè emploie plus de 80% de la population active et participe à hauteur de 40% au Produit Intérieur Brut (PIB). Transformer l’agriculture grâce aux semences améliorées Dans les années 1990, le Burkina Faso disposait déjà de plus d’une centaine de variétés de semences améliorées. Malheureusement, le pays connaît aujourd’hui une baisse de productivité. Cependant, il faut reconnaître qu’il existe désormais des variétés résilientes de diverses entreprises agricoles.  Bien que de nombreux efforts aient été faits pour améliorer les semences depuis les années 1990, la non-application des bonnes pratiques agricoles, notamment l’utilisation de semences améliorées, a conduit à une baisse de la productivité agricole. En effet, la vulgarisation des semences n’est pas encore un acquis au Burkina Faso. Les producteurs n’ont pas encore compris et cela à cause de l’insuffisance d’informations et de sensibilisations.  La vulgarisation de l’adoption de ces variétés pourrait conduire les entrepreneurs agricoles à plus de rigueur dans le choix de leurs semences. C’est pourquoi des médias comme Agribusiness TV travaillent d’arrache-pied à informer les acteurs du monde agricole sur les bonnes pratiques culturales. Les agriculteurs gagneraient à entrer en contact avec les spécialistes agricoles qui travaillent d’arrache-pied pour mettre à la disposition de la population des semences améliorées de qualité pour accroître leur productivité agricole. Patricia COULIBALY    

Les caniveaux ne sont pas des dépotoirs

AgribusinessTV 31 juillet 2024 724 Aucun commentaire

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La périphrase « Pays des Hommes Intègres » devrait inspirer tous les Burkinabè à faire de ce pays un endroit où il fait bon vivre. Hélas, ces mots hautement symboliques tendent à perdre leurs sens profonds tant certains citoyens, de par leurs actes inciviques mettent en péril les infrastructures mises en place pour assainir les villes du pays. Les caniveaux et autres infrastructures de rétention d’eaux pluviales, sont construits pour réduire les risques de catastrophes naturelles et les risques d’inondation dans certaines zones. Pourtant, ces ouvrages sont souvent détournés en dépotoirs où on y déverse les ordures ménagères qui vont à leur tour boucher les caniveaux, créant ainsi des nids à moustiques. Quand je vois dans nos quartiers la quantité d’ordures qui sont déversées dans les caniveaux sans le moindre gène, mon cœur saigne.  Ce qui est encore plus préoccupant et déplorable, c’est que les comportements inciviques sont fréquents dans les zones vulnérables aux inondations. Alors que les citoyens dorment, certains se permettent de vider nuitamment le contenu de leurs toilettes dans les caniveaux. Ces pratiques contribuent à la prolifération de maladies telles que le paludisme et le choléra. Cette insalubrité contribue au maintien du paludisme en Afrique, continent le plus touché par cette maladie. Pour piqûre de rappel, selon un rapport de l’OMS, en 2022, il y a eu cinq millions de cas de paludisme, une augmentation par rapport à l’année précédente. Si nous voulons booster cette maladie qui fait de nombreuses victimes hors de nos pays, chacun à son niveau doit travailler à éliminer toutes les conditions propices à leurs propagations. Oui, il faut conduire des actions de sensibilisation, mais elles doivent être accompagnées de mesures de répression contre les comportements inciviques. Certes, il y a souvent des bonnes volontés qui curent les caniveaux pour permettre le drainage des eaux de pluie, mais il faut éviter que d’autres, dès qu’il y a une pluie, ne viennent y vider les contenus de leurs poubelles. Curage des caniveaux d’accord, mais si on ne redouble pas d’effort dans la gestion des ordures afin de préserver la santé de la population, c’est peine perdue. Chacun doit assumer sa part de responsabilité pour l’entretien des caniveaux. Cela y va de notre bien être à tous. Clarisse K. TIEMTORÉ  

Transformer ce fléau en opportunité

AgribusinessTV 24 juillet 2024 894 Aucun commentaire

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Depuis que le ciel a ouvert ses vannes, la jacinthe d’eau qui s’était fait oublier pendant la saison sèche a refait surface et couvre, de son voile vert, une bonne partie de certains barrages et autres infrastructures hydrauliques. Cette plante aquatique qui envahit et asphyxie faune et flore, peut pourtant être transformée en opportunité. À Ouagadougou, le barrage numéro 3 de Tanghin est encore dans le pétrin. Et comme chaque année, des équipes sont déployées sur le terrain pour arracher cette plante envahissante. Le 26 juin dernier, des hommes et femmes, vêtus de gilets phosphorescents ont été déployés. Malgré les efforts, ce monstre aquatique, avec son incroyable capacité de prolifération, semble confortablement installé. L’Agence de l’eau du Nakanbé( AEN), créée en 2007, travaille pour protéger les ressources en eau menacées en déployant ses équipes pour mener le combat contre le fléau des eaux. Mais que faire de ces plantes arrachées ? Pourrait-on leur trouver une utilité ? Si on parvenait à en valoriser ces nuisibles, l’AEN pourrait réduire la fréquence de ces opérations. Il faut travailler à mettre en lumière ces plantes invasives qui peuvent être d’une grande utilité dans le secteur agricole. Dans d’autres pays, la jacinthe d’eau est utilisée dans l’artisanat, la fabrication de compost, de biogaz, de charbon écologique. Au Burundi, l’entreprise « Hyacinth Art House » transforme ses plantes en objets d’art, créant ainsi une source de revenus. Nous devons en prendre de la graine. Si au Burkina Faso on arrive à mettre en lumière son utilité, ce sont les populations elles-mêmes qui iront à la recherche de cette plante. Supposons que les agriculteurs découvrent son potentiel, ils pourraient chercher la plante partout où elle se trouve. Cette mauvaise herbe peut devenir une ressource précieuse si nous développons une économie autour de la plante. Hadepté DA

Hygiène indésirable dans nos abattoirs

AgribusinessTV 17 juillet 2024 882 Aucun commentaire

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Du transport de la viande à ciel ouvert et de l’hygiène de certains abattoirs, parlons-en. Ces problèmes persistants nécessitent des solutions qui tardent à être trouvées et adoptées. Alors, continuons de remuer le couteau dans cette plaie béante et sanguinolente. Selon les textes, le transport de la viande sur les motos est interdit au Burkina Faso. C’est une mesure salutaire. Sauf que dans la pratique, rien n’a vraiment changé. La pratique a encore la vie dure. Des carcasses de viande, encore dégoulinantes de sang, sont toujours transportées sur les engins à deux roues. Et elles sont exposées au vent, à la poussière et aux intempéries. Certains bouchers surchargent leurs motos au point de perdre l’équilibre. Avec l’interdiction et pour passer inaperçu, certains ont trouvé un stratagème consistant à enfouir les carcasses de viandes fraîches dans des sacs. Tout cela pose un sérieux problème d’hygiène. Malgré les opérations de sensibilisations et de saisies souvent organisées, le phénomène perdure. Pourtant des solutions existent Certains acteurs, notamment les bouchers, blâment le manque de moyens appropriés pour convoyer la viande des abattoirs aux sites de commercialisation. À défaut d’avoir des camions frigorifiques jugés trop coûteux, il existe des solutions plus abordables qui permettent le transport dans les règles d’hygiène et de salubrité. Les tricycles frigorifiés, s’ils sont convenablement aménagés, sont une solution.  Il n’y a pas longtemps, nous avons mis en lumière un box frigorifique mobile, idéal pour ce type de transport. C’est dire que l’offre même existe, il reste aux acteurs de s’y intéresser. Si une seule personne n’est pas en mesure d’en acquérir, il faut alors s’organiser. Les acteurs d’une même zone pourraient tirer avantage de s’unir pour investir dans de tels équipements. Un peu plus d’hygiène Ce n’est pas seulement lors du transport que la viande est malmenée. Elle l’est aussi dans des abattoirs. Un tour dans certains et vous serez accueilli par une odeur à faire rendre gorge aux non-initiés. Tellement ça empeste. Par-ci, les pattes d’animaux qui seront plus tard servies dans les restaurants baignent dans un concert de mouches. Par-là la saignée des animaux qui dégoulinent de partout. Dans certains abattoirs, âmes sensibles, s’abstenir de s’y rendre au risque de jurer de ne plus consommer de la viande. Le risque d’être dégouté est grand. Un peu plus d’hygiène dans nos abattoirs et on se passera de ces mauvaises odeurs qui dégagent dans les quartiers à proximité de certains abattoirs. Pour notre santé, les conditions de transport et de commercialisation de la viandé doivent être améliorées. Hadepté DA

Les aventures de Yenntéma

AgribusinessTV 10 juillet 2024 1106 Aucun commentaire

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Parcourir des villes et des villages du Burkina Faso, aller à la rencontre des jeunes qui se battent pour tirer dignement leur épingle du jeu. Voilà un petit aperçu de mes aventures en tant que reporter à Agribusiness TV. Le plus important pour moi, c’est de pouvoir conter au monde les histoires et parcours inspirants de personnes qui se démarquent dans une société où on se plaint beaucoup du chômage ou d’emplois précaires, mais qu’on hésite à sortir de notre zone de confort.  Parmi les entrepreneurs que j’ai interviewés, certains ont choisi de se lancer dans l’entrepreneuriat après leurs études, dans des domaines qui les passionnent véritablement. D’autres ont initialement opté pour le salariat, mais ont ensuite fait le choix de bifurquer vers l’entrepreneuriat. Ce changement de cap s’est souvent produit parce que leur passion de toujours les a rattrapés, soit parce qu’ils ne se plaisaient plus dans leur emploi, soit encore parce qu’ils étaient à la recherche de nouvelles aventures, de la liberté financière, etc. Découvertes marquantes Habituellement, je préfère être derrière la caméra pour interviewer mes interlocuteurs. Mais, récemment, j’ai dû me mettre face caméra pour présenter la rubrique « Vie Rurale ». J’ai entamé les premiers numéros avec la peur au ventre, me demandant si le rendu allait être potable. Bien que ce baptême de feu m’ait initialement inquiété, j’avoue que j’ai été séduite par le résultat final et je prends grand plaisir à présenter chaque numéro.  Mon séjour à Ténado, dans la province du Sanguié au Centre-Ouest du Burkina Faso, m’a profondément marqué. J’ai savouré leur célèbre poulet au soumbala accompagné du « tô » Gourounsi, tout en appréciant les paysages fascinants des périmètres maraichers situés le long de la Route Nationale 14. En sus de mes tournées pleines de découvertes à Ténado et dans les villages environnants, j’ai visité également des lieux atypiques dans d’autres localités. J’ai exploré aussi le Musée de la Femme de Kolgondiessé à Ziniaré, dans le Plateau-Central, les roches granitiques sacrées et multiformes de « BEKOTEG » à Ouessa dans le Sud-Ouest et le « Musée Da-Do » à Réo dans la région du Centre-Ouest.  L’aventure n’est pas toujours rose Souvent, cette joie d’explorer certaines zones s’estompe au regard du mauvais état de certaines routes. Le trajet que je risque de ne pas oublier de si tôt, c’est celui de Ouagadougou-Ouessa. En cours de route, le car a décidé de rendre l’âme, me laissant attendre plus de 3 heures sans possibilité de trouver une autre compagnie de transport, puisque c’était la seule qui pouvait me conduire directement à la destination finale, sans détour ce jour-là. Finalement, c’est la nuit que je suis arrivée à Ouessa. Au bout du compte, le numéro de « Vie Rurale » à Ouessa a permis aux internautes de découvrir les potentialités culturelles, agricoles et sociales de cette zone.  Et c’est toujours un plaisir pour moi de faire découvrir la vie en milieu rural. Yenntéma Priscille OUOBA

Chapeau bas à nos chercheurs

AgribusinessTV 3 juillet 2024 1085 Aucun commentaire

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Je partage avec vous une découverte qui m’a impressionnée il y a trois semaines.  Dans le cadre de l’émission Les Agri Explorateurs, qui sera bientôt diffusée sur les différentes plateformes numériques d’Agribusiness TV, j’ai été à Orodara, une ville située à près de 400 kilomètres de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.  J’ai découvert et échangé avec un producteur d’ananas. Je savais qu’on en produisait au pays, mais c’était ma première fois d’être dans un champ d’ananas qui présente une si fière allure. Je vous assure que lorsque j’ai fini de savourer du regard son ananeraie, j’ai poussé un ouf de soulagement, me disant intérieurement que bien d’autres spéculations peuvent réussir sur notre terre, jugée incultivable.  Je me souviens encore de mes cours à l’école, où les enseignants nous répétaient, comme une antienne, que dans un pays sahélien comme le nôtre, il est extrêmement difficile de faire pousser certaines productions. Et ils n’avaient pas tout à fait tort. Ce qui me réjouis aujourd’hui, c’est que la réalité d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui. De nombreuses contraintes sont domptées grâce aux avancées de la recherche agronomique. Du riz adapté aux conditions climatiques Prenons l’exemple du riz qui, dans les pays du Sahel, est habituellement cultivé dans les bas-fonds. Actuellement, le riz pluvial, aussi appelé riz de montagne, est cultivé sans être immergé. Et cela est rendu possible grâce aux chercheurs qui ont su concocter les bonnes recettes pour faciliter cette avancée.  Parlant toujours du riz, l’une des céréales les plus consommées en Afrique, la recherche a joué un grand rôle pour pouvoir mettre à la disposition des agriculteurs des variétés qui s’adaptent à nos conditions.  Parce qu’avec le changement climatique, la saison des pluies qui est de plus en plus une denrée rare laisse place à des poches de sècheresse. Et face à cette aride réalité, il fallait des variétés précoces et qui s’adaptent. Et c’est là que les chercheurs ont sorti de leur laboratoire des variétés de riz à cycles plus courts et qui sont récoltés au bout de 90 jours. Dans un passé récent, les riz aromatiques qui garnissaient nos assiettes étaient essentiellement importés. Aujourd’hui, la recherche a mis au point des variétés de riz parfumés qui répondent au goût du consommateur africain. On voit de plus en plus des variétés aromatiques comme la « ORYLUX 6 » qui sont prisées. Vulgarisation et adoption des fruits de la recherche Grâce aux résultats de recherche, presque tout devient possible. Mais, il faut davantage vulgariser les résultats de la recherche, sensibiliser les populations à les adopter et insister sur le respect des itinéraires techniques de production par les agriculteurs. Car, la recherche agronomique enlève aujourd’hui une grosse épine au pied des agriculteurs. Revenons et terminons sur le cas de l’ananeraie dont je vous ai parlé un peu plus haut. Quand je vois les tonnes d’ananas importées au Burkina Faso, vous conviendrez avec moi que sa production à grande échelle occuperait une place de choix et ferait une bonne affaire pour les producteurs, les transformateurs de fruits et surtout pour les jeunes vendeurs qui sont aux abords des voies à la recherche de leurs pitances quotidiennes. Aïcha SAWADOGO

Animaux errants, un problème déroutant

AgribusinessTV 26 juin 2024 1018 Aucun commentaire

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En circulation, deux choses m’insupportent particulièrement. Il y a l’insouciance de certains usagers vis-à-vis du code de la route, et la présence d’animaux errants qui perturbent la fluidité et la sécurité des personnes. Cela est courant dans de nombreux pays en Afrique. Au Burkina Faso par exemple, une réglementation interdit la pratique de l’élevage en milieu urbain à cause des dangers qu’elle représente pour les populations. L’article 39 de la loi N° 022-2005/AN portant code de l’hygiène publique, précise que l’élevage des ruminants en zone urbaine aménagée est interdit. La divagation des animaux aussi. Sauf que dans la pratique, le constat est tout autre. Cette réglementation est balayée du revers de la main par certains, sans le moindre souci du tort qu’ils causent ainsi au voisinage. Ainsi, on voit des bêtes qui errent même dans les grandes artères constituant un réel danger pour les usagers de la route, car elles sont le plus souvent à l’origine d’accidents de la circulation dont certains sont mortels. Justement, parlant d’accident, j’ai été témoin il y a une semaine de cela d’un accident provoqué par un mouton dans un quartier de Ouagadougou. Voici la scène.  Il était 14 heures, lorsqu’une femme d’âge avancé, juchée sur sa moto et visiblement fatiguée à cause de la chaleur atroce a vu sa trajectoire perturbée par une foule d’animaux cherchant aussi à traverser la route. À cause de ces bêtes qui faufilaient dangereusement de partout, elle a chuté après en avoir heurté une. Conséquence, elle s’en sort avec un genou déboîté.  Quant à la bête, elle a fini son chemin dans une des maisons situées à proximité. Malgré la blessure, on peut dire que le pire a été évité. Il faudra davantage sensibiliser les populations sur l’élevage en milieu urbain et réprimer avec toute la rigueur de la loi les contrevenants. Il n’est pas tolérable qu’on trouve des animaux comme les chiens en libre circulation dans nos villes sans leur maitre. Quand on sait le risque sanitaire que cet animal peut transmettre à l’homme en cas de morsure par exemple, « j’enrage » littéralement. Ce qui est encore déroutant, c’est que ces animaux ne chamboulent pas que la circulation en causant des accidents et morsures. Les déjections qui pullulent dans nos villes comme des champignons après orage, sont un sérieux problème d’hygiène. Passons sous silences, ces animaux qui broutent et détruisent les espaces verts. En tous cas, si tu te rends dans certaines villes en Afrique, le risque de marcher sur les déjections animales dont les odeurs caressent violemment les narines est bien réel. Et si tu t’en tires, il est probable que la roue de ta guimbarde transporte quelque chose jusqu’à la maison. Il faut prendre le taureau par les cornes en organisant fréquemment des séances de capture des animaux. Il existe déjà des opérations de capture d’animaux, mais, ces actions doivent être plus régulières et plus coercitives.  Patricia COULIBALY

À qui profite la mécanisation agricole ?

AgribusinessTV 19 juin 2024 984 Aucun commentaire

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Longtemps, les jeunes ont eu une perception négative de l’agriculture. Nombreux sont ceux qui ont vu leurs parents s’acharner sur la terre avec des outils rudimentaires sans gain de cause à la moisson. Cette réalité a découragé beaucoup de jeunes à embrasser la terre nourricière. Malgré cela, il y a encore des jeunes qui font de la terre leur gagne-pain.  Lors de mes reportages, j’aime particulièrement échanger avec les jeunes agriculteurs. Ils ont des histoires fascinantes à partager et une détermination dans leurs métiers. Ils aspirent à booster l’agriculture burkinabè. Mais, souvent, quand j’écoute certains et je regarde les moyens de production qu’ils utilisent, je me demande comment ils vont y arriver ? Obstacles financiers Beaucoup d’entre eux sont contraints d’utiliser des outils agricoles rudimentaires comme la daba, la houe. Ils passent des journées entières courbés sous un soleil de plomb pour exploiter un petit périmètre. Malgré la bonne volonté, la pénibilité du travail et les maigres récoltes en fin de campagne, finissent par les dissuader. Surtout quand on connait l’aridité de nos sols.  Il est primordial de faire rêver les jeunes en rendant l’agriculture glamour, plus attrayante. Cela passe par la promotion des modèles de réussite, mais aussi par la mécanisation agricole et toutes les autres technologies qui permettent de nos jours d’alléger la charge physique du travail. Parlant de mécanisation, le plus souvent, les tracteurs et autres machines qui sont en vente ou en location sont trop coûteux si bien que le jeune paysan de Kiembara ne peut se permettre le luxe d’en acquérir. On a même l’impression que les politiques actuelles de mécanisation sont destinées aux agrobusiness-men ou à ceux qui ont déjà des comptes en banque bien bourrés. La liste des débiteurs de la Société Nationale de l’Aménagement des Terres et de l’Équipement Rural, publiés il y a quelques mois de cela en dit long. Si ces catégories de personnes parmi lesquelles des anciens ministres et autres hauts cadres de l’administration publique, ont des difficultés pour payer, alors que dire des jeunes, qui, pour la plupart ont du mal à avoir un crédit bancaire à cause des exigences et démarches complexes ? Investir dans la jeunesse Il faut mettre en place des programmes de crédits agricoles pour les jeunes avec des conditions de remboursement flexible, fournir des subventions ou des aides financières aux jeunes pour les aider à acheter ou à louer des tracteurs à des prix abordables. Ma conviction est que la mécanisation est la clé pour passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture autosuffisante et axée sur le marché. Investir dans la jeunesse d’aujourd’hui, c’est investir dans l’avenir de l’agriculture. Clarisse K. TIEMTORÉ

Tu me paies combien pour filmer mes activités ?

AgribusinessTV 12 juin 2024 1141 Aucun commentaire

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Bientôt un an que je suis journaliste multimédia à Agribusiness TV. Une aventure passionnante. J’ai la chance de sillonner des localités du Burkina Faso. À la découverte de ces jeunes hommes et femmes qui font l’agriculture burkinabè d’aujourd’hui et de demain. Vos commentaires, likes et partages à la diffusion de chaque vidéo me boostent. Mais certaines réalités sur le terrain sont parfois démotivantes. En effet, il n’est de plus en plus de personnes, des jeunes en particulier, vu que c’est notre cible première, qui exigent d’être payés pour être interviewés. Vous partez dans une localité donnée du Burkina Faso, vous demandez à rencontrer quelques jeunes pour échanger avec eux sur leur quotidien, les défis qu’ils rencontrent en tant que jeune dans cette zone particulièrement, leurs rêves et ambitions en tant que jeunes, etc. et au lieu de voir l’opportunité qu’on leur offre de s’exprimer, certains te demandent plutôt s’ils seront payés pour ça. Une attitude déconcertante Pire, les entrepreneurs qui au contraire devaient payer pour qu’on fasse leur promotion, certains nous demandent si on vient filmer leurs activités entrepreneuriales pour les financer ou les doter de matériel plus tard. À ce que je sache, ce n’est pas le rôle d’un média. Peut-être que ceux qui pensent ainsi ignore le rôle d’un média.  « Mais comme ça là, vous allez nous payer ou quoi ? » « C’est pour après financer nos activités ou nous donner du matériel ? » « Qu’est-ce qu’on gagne à long terme ou à court ? » « Il y a des journalistes qui sont déjà venus nous interviewer, filmer nos activités, on leur a parlé de nos activités. Mais, on n’a rien eu en retour, jusqu’à aujourd’hui notre situation n’a pas changé. » « C’est un projet non ? » « Ah ici-là, pour rencontrer les jeunes, il faut prévoir des enveloppes pour eux ? » Des phrases que j’ai l’habitude d’entendre. Il faut un changement de mentalitées Sur ces multiples questionnements auxquels on fait souvent face sur le terrain, j’essaie de leur faire comprendre que nous sommes un média et non une ONG ou un projet, et que notre objectif n’est pas de financer quelqu’un. Certains comprennent, mais d’autres disent que si c’est le cas, ils ne gagnent rien à nous accorder leur temps pour répondre à nos questions. C’est quand même regrettable pour une jeunesse qui aspire aux changements. On peut même se demander d’où vient cette façon de penser ? Est-ce la pauvreté qui les pousse à penser ainsi ? C’est vrai qu’on entreprend pour se faire du chiffre, mais notre conduite ne doit pas être guidée par l’amour de l’argent. Si d’autres entrepreneurs se réjouissent quand je les contacte dans le but de réaliser un reportage sur leur parcours entrepreneurial sans demander ce qu’ils vont gagner en contrepartie en termes d’argent, il est inconcevable qu’il y ait des brebis galeuses. Yenntéma Priscille OUOBA