De l’engrais naturel à moindre coût

AgribusinessTV 13 novembre 2024 677 Aucun commentaire

Et si chaque ménage qui possède un jardin potager à domicile fabriquait son propre engrais naturel ? Tout ce que nous utilisons à la maison peut nous servir d’engrais pour entretenir les plantes de nos jardins. Les coquilles d’œufs, les épluchures de légumes, les résidus de thé, peuvent devenir un excellent engrais, bien plus sain que les engrais chimiques qui nous tuent à petit feu. Récemment, lors de l’un de mes tournages, j’ai été surprise par l’espace aménagé de notre hôte. Elle fabrique son propre engrais naturel à partir de produits qu’elle utilise au quotidien pour sa cuisine. L’histoire d’une intoxication alimentaire D’abord, j’ai cru voir un tas d’ordures au milieu de son jardin. Je lui ai demandé pourquoi elle en a entassé autant au milieu d’un si beau jardin. Avec un léger sourire, elle m’a répondu que c’était plutôt l’engrais qu’elle a fabriqué à partir d’ordures ménagères pour entretenir son jardin. Curieuse, j’ai voulu en savoir plus. Sans langue de bois, elle m’a raconté son histoire. « La dernière fois que je me suis procurée de l’engrais chimique pour mon jardin, ça a failli mal tourner pour toute ma famille et moi », regrette-t-elle, encore marquée par l’incident. « Rien qu’à y penser me redonne la chair de poule. J’ai acheté cet engrais au marché. On m’avait garanti sa qualité et son efficacité. C’est donc, tout naturellement que je l’ai utilisé sur ma salade en son temps. Après avoir consommé cette salade, toute la famille a fait une intoxication alimentaire. Nous avons séjourné durant trois jours à l’hôpital. Grâce aux analyses médicales, nous avons su que c’était dû à un produit chimique », a-t-elle détaillé. Des déchets ménagers transformés en engrais naturels C’est cet épisode sombre qui l’a poussée à mettre une croix sur les engrais chimiques et à chercher des solutions naturelles pour enrichir son sol. Dans leur maison, rien ne se perd, tout se transforme, pour ainsi s’inspirer de la formule de Lavoisier. Les peaux d’oignons, de tomates, les résidus de thé, les coquilles des œufs, tout est collecté, transformé et réutilisé dans la production.   L’histoire de cette dame montre qu’on n’a pas besoin de débourser des sommes folles pour se procurer des produits qui peuvent nous faire plus de mal que de bien. Le jardin de notre hôte est un vrai modèle de réussite : ses salades étaient magnifiques, bien vertes et touffues. Personnellement, cette histoire m’a beaucoup touchée. J’en ai pris de la graine. Et j’espère qu’après avoir lu ces quelques lignes, chacun de vous sera inspiré à faire de même.  Patricia COULIBALY

Quand le gain prime sur la santé des populations

AgribusinessTV 6 novembre 2024 593 Aucun commentaire

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Pour la énième fois, des produits alimentaires sont saisis au Burkina Faso. Que ce soit des produits périmés, avariés, interdits, contrefaits, la situation ne cesse de se répéter. Combien de fois faudra-t-il encore que des produits dangereux se retrouvent sur le marché ? Jusqu’à quand allons-nous continuer dans cette situation ? Avec ton propre argent, tu pourrais acheter des aliments qui, à long terme, peuvent te tuer à petit feu. Des saisis, mais le phénomène persiste La Direction régionale de l’Agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques du Sahel a intercepté, le 23 octobre 2024, un camion transportant diverses marchandises. Lors du contrôle, vingt-cinq cartons contenant quinze mille œufs ont été découverts. Jugée impropre à la consommation, la cargaison a été saisie et détruite. Cette saisie s’inscrit dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la grippe aviaire au Burkina Faso, conformément à l’arrêté interministériel N° 2015/03/MRA/MICA/MEF du 05 février 2015 portant interdiction provisoire d’importation, de distribution, et de commercialisation, de volailles, des produits aviaires et de leurs dérivés en provenance des pays touchés par les virus aviaires H5N1 et H5N8. Ce n’est pas la première fois que les œufs entrent de façon frauduleuse. Selon une étude de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation mondiale de la santé, les œufs pondus durant la phase précoce de la maladie pourraient renfermer des virus, ainsi que sur la coquille. Les œufs provenant des zones touchées par des foyers de grippe aviaire ne doivent donc pas être consommés crus ou partiellement cuits. Des saisies grâce à la vigilance des citoyens Le jeudi 8 août 2024, la Police municipale de Ouagadougou a saisi environ quatre tonnes de lait périmé, après qu’un consommateur ait signalé l’achat du lait périmé. Et ce n’est pas tout ! En juillet 2024, l’Agence Burkinabè de Normalisation, de la Métrologie et de la Qualité (ABNORM) a saisi 75 tonnes de riz dans un quartier de Ouagadougou, lors d’un contrôle. Des échantillons de riz prélevés ont révélé que le produit était stocké dans de mauvaises conditions, exposé à la poussière et à l’humidité. Ce qui rend les produits impropres à la consommation. La liste des saisies ne s’arrête pas à ces exemples. En août 2023, la gendarmerie a démantelé des réseaux de contrebande de poulets congelés impropres à la consommation. Au total, 1 000 poulets congelés, 15 cartons de saucisses de poulet et 35 kilogrammes de gésiers ont été saisis. Malgré les sensibilisations et la répression, la contrebande de poulets congelés et d’autres denrées alimentaires se poursuivent, sans relâche. De gros efforts sont faits pour éradiquer ces pratiques qui mettent en danger la vie des populations. Mais, certains produits échappent aux contrôles et se retrouvent dans nos assiettes. Par ces périodes de fêtes de fin d’année qui s’annoncent, soyons plus vigilants ! Yenntéma Priscille OUOBA

Les agriculteurs peuvent mieux exploiter les réseaux sociaux

AgribusinessTV 23 octobre 2024 688 Aucun commentaire

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N’est-il pas temps pour nos producteurs agricoles et artisans de s’approprier les médias sociaux pour mieux promouvoir leurs activités ?  Lors de ma rencontre avec un artisan, j’ai été à la fois émerveillée et contente de découvrir son savoir-faire. Malgré la beauté de ses œuvres, il m’a fait savoir qu’il ne trouvait pas d’acheteurs. De nos échanges, j’ai réalisé que son problème réside en partie dans la visibilité de ses œuvres.  D’habitude, j’aime apprendre des autres, mais ce jour-là, j’ai pris un plaisir particulier à partager mes connaissances. Le scepticisme envers les médias sociaux Pendant que nous discutions, je lui ai demandé s’il utilisait les réseaux sociaux. « Non », m’a-t-il répondu en exprimant sa méfiance envers ces outils numériques. Malgré son scepticisme, j’ai tout de même essayé de lui expliquer les avantages des réseaux sociaux pour les entrepreneurs, surtout dans ce village planétaire où l’information circule rapidement. J’ai vu mon interlocuteur s’intéresser à mon speech.  « Comment cela est-il possible madame ? », m’a-t-il demandé, l’air ému. Les opportunités d’un village planétaire Je lui ai expliqué que les technologies de l’information et de la communication ont effacé les frontières et le monde est devenu un village planétaire, comme l’a dit Marshall McLuhan. Cette connectivité offre d’innombrables possibilités pour le commerce et la promotion des savoir-faire. Je lui ai également fait comprendre qu’il pouvait vendre facilement ses œuvres aux clients, sans intermédiaire.  En créant par exemple une page Facebook, il pourrait publier des photos de ses œuvres et expédier des commandes. Après nos échanges, il a compris que les technologies ne sont pas forcément un ennemi, mais des outils de valorisation et de promotion du savoir-faire. Former les entrepreneurs aux outils numériques Ils sont nombreux ces entrepreneurs qui partagent ce scepticisme face aux réseaux sociaux, qui regorgent pourtant d’énormes potentiels. Lors de mes reportages, j’ai rencontré des entrepreneurs agricoles qui ont su saisir les opportunités qu’offrent ces outils. J’ai également vu certains qui ne s’y intéressent pas ou qui ne veulent pas en entendre parler. Au-delà du scepticisme s’ajoute la méconnaissance de ces plateformes. Il est important d’organiser des ateliers de sensibilisation et de formation pour familiariser les entrepreneurs sur l’utilisation des plateformes numériques.  Les projets de développement qui les accompagnent dans le démarrage ou le développement de leurs activités doivent davantage insister sur ce volet. C’est bien d’avoir des produits de qualité, mais encore mieux de pouvoir les commercialiser.  À travers des contenus pertinents, les réseaux sociaux sont une bonne option à explorer. Car, c’est le produit le plus visible qui s’achète. Aïcha SAWADOGO

« Madame, je vous adore. »

AgribusinessTV 9 octobre 2024 947 Aucun commentaire

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En tant que Journaliste Reporter d’Images (JRI), j’ai récemment effectué un déplacement à Koudougou pour une tournée agricole. Je vous raconte brièvement ce qui m’a marquée lors de ce tournage. Le journalisme est un métier fascinant où il faut toujours être prêt à aller à la pêche de l’information. En fin de semaine dernière, je devais aller d’urgence à Koudougou pour une activité en tant que Journaliste Reporter d’Images. C’était une tournée agricole dans des fermes. Après avoir vérifié que mon matériel de travail était au complet, me voici embarquée dans un véhicule pour la Cité du Cavalier Rouge. À travers les vitres, j’admire les paysages des champs de maïs, de mil et de sorgho qui défilaient sous mes yeux. Après plus de deux heures de trajet, le véhicule s’est immobilisé. Nous sommes à Koudougou, avec mon sac au dos et mes caméras qui m’accompagnaient. En déployant mon « arsenal » de travail, je me suis rapidement rendue compte que des regards se posaient sur mon équipement. Je suis restée concentrée sur ma tâche. Quand j’ai fini les réglages nécessaires des caméras, me voici courir d’un point à un autre pour les prises d’images, sous un soleil qui descend du ciel comme une pluie de feu.  Alors que je cherchais un nouvel angle pour éviter de surexposer mes images, un homme s’est approché de moi, les yeux plein de curiosité et d’enthousiasme. Et avec un large sourire, il me dit : « Madame, je vous adore. » La puissance des mots Sur le moment, j’ai été prise de court et restée sans voix.  Il a ensuite ajouté : « Félicitations ! C’est rare de voir une femme avec sa caméra, courir entre les plants pour réaliser son travail. Bravo. »  Au Burkina Faso et en Afrique, il y a de nombreuses Journalistes Reporters d’Images talentueuses. Entendre ces mots, pour moi, c’était plus que des compliments. Cela m’a davantage motivée à travailler en tant que JRI. C’était une forme de confirmation de ma place en temps que femme dans un domaine où l’on ne s’attend pas forcément à toujours nous voir, nous les femmes. D’ailleurs, si j’ai opté de travailler à Agribusiness TV, c’est aussi parce que cette web télé cultive le genre en son sein et croit au potentiel de la femme.  Les propos de cet homme m’ont galvanisée, car je les ai considérés comme un encouragement et une interpellation à continuer sur la voie que j’ai choisie. Aïcha SAWADOGO

La nécessité d’un potager à domicile

AgribusinessTV 25 septembre 2024 808 Aucun commentaire

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Je me rappelle d’un tragique évènement survenu le 09 septembre 2019, où cinq personnes d’une même famille sont décédées d’une intoxication alimentaire dans le village de  Nayamtenga, dans la région du Centre-Est du Burkina Faso. À l’époque, la ministre de la Santé, Claudine LOUGUÉ avait invité la population à suivre scrupuleusement les recommandations sur l’utilisation des pesticides. Malheureusement, des situations similaires sont fréquentes avec des conséquences toujours dramatiques. Et Dieu seul sait le nombre de personnes qui ont succombé à cause de ces mauvaises pratiques agricoles sans que cela ne soit connu. Étant donné qu’on ne peut jamais être sûr des conditions de culture de nos aliments, je pense qu’il est temps, pour les personnes qui n’en ont pas encore, de créer   des potagers à domicile. Préserver notre santé Une concession, un potager, est-ce possible ? Absolument. Dans un contexte où l’utilisation incontrôlée des produits toxiques prend de l’ampleur, l’agriculture urbaine à travers les potagers, par exemple, est une solution pour préserver notre santé.  L’agriculture urbaine est l’ensemble des pratiques agricoles réalisées en ville. Elle peut être pratiquée à travers la mise en place de jardins, de potagers, de fermes urbaines, des cultures hors-sols. Il est de plus en plus fréquent de voir des personnes s’adonner à cette pratique agricole pour diverses raisons, surtout face aux dangers que nous rencontrons avec certains produits présents sur le marché. Consommer des produits frais et sains Avoir un potager à domicile est aujourd’hui plus qu’une option, c’est une nécessité. Avec un potager, vous pouvez récolter vos propres légumes frais comme des salades, des tomates, des concombres, directement chez vous à domicile. N’est-ce pas mieux ainsi afin de contrôler le menu de son assiette ? Marie-Jeanne ZOUNGRANA a vécu une mauvaise expérience avec de la salade achetée au marché. Elle a alors pris l’engagement de ne plus acheter de produits frais sur le marché.  Mais d’en produire à domicile. Son témoignage : « J’ai acheté la salade. Quand j’ai mis dans l’eau, le temps que ça se désinfecte, je suis rentrée trouver que c’est comme si, on a chauffé de l’eau chaude et verser là-dessus. C’est ce qui m’a poussé à faire le jardinage à domicile. Et, à un moment donné, pour avoir le persil sur la place du marché, c’est vraiment de l’or ». Elle profite désormais de légumes frais et sains chaque fois qu’elle le souhaite. Un bel exemple à encourager et à imiter. Alors, qu’attendez-vous pour faire comme Marie-Jeanne ZOUNGRANA ? Initiez un potager à domicile, vous avez beaucoup à gagner. Aïcha SAWADOGO

Les souvenirs culinaires de mon enfance

AgribusinessTV 18 septembre 2024 791 Aucun commentaire

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Quand la saison des pluies arrive, le senna tora (appelé katre nanguri en mooré et krikri en dioula) pousse en abondance. Il est l’ingrédient principal pour cuisiner le célèbre « kalambayari », un savoureux plat traditionnel des Gourmantché. Vous avez certainement deviné juste, je viens de la région de l’Est du Burkina Faso.   Le « kalambayari » est en effet un mélange de couscous de petit mil et de feuilles de senna tora, une plante que vous connaissez certainement sans peut-être savoir que tel est son nom en français. Quand j’étais enfant, j’aimais la saison des pluies car c’est la période à laquelle cette plante sauvage pousse en abondance. Nous allions la cueillir dans les champs, autour des concessions ou aux abords des bas-fonds. Aujourd’hui, le « kalambayari » se prépare aussi avec d’autres types de feuilles, comme du niébé, et des céréales comme le maïs ou le riz. Les providences de la saison des pluies J’ai passé mon enfance à cheval entre le village et la ville. J’aimais particulièrement la saison des pluies, car c’est durant cette période de l’année que les menus changent le plus au village. Les sauces de baobab sec, de gombo sec, de corète sèche, communément appelée « boulvanka » en mooré laissent place à des sauces préparées à base de feuilles fraîches. On retrouve alors des sauces à base d’oseille, d’amarante, de gombo frais, de corète fraîche, de baobab frais, de feuilles de niébé, de feuilles d’aubergine sauvage.  Cette période de l’année est une fête pour les papilles. Et, j’en profitais pleinement en tant que grande amoureuse des sauces faites à base de feuilles fraîches. Surtout la sauce d’oseille et de corète fraîche. C’est sans oublier le « babenda », une parfaite mixture de feuilles avec juste un peu de céréales.  Aujourd’hui, grâce aux aménagements hydrauliques, il existe de nombreux jardins dans les villages. Cela favorise la production maraîchère en saison sèche, rendant ainsi disponible les feuilles fraîches à tout moment. La vie au village est encore plus belle pendant les récoltes La vie au village devient encore plus festive vers la fin des pluies, car c’est généralement le début des récoltes de maïs.  Le soir, après les travaux champêtres et ménagères, place à ce que nous appelons « l’instant maïs grillé ». Ce moment se déroulait après le dîner.  Je dirai même que c’était souvent notre désert à nous ! Si par coup de chance il en reste quelques épis de maïs, nous déjeunions avec du « maïs bouilli » le lendemain. Quand j’y pense, je me dis que si voyager dans le passé était possible, je n’aurais pas hésité à le faire ! Yenntéma Priscille OUOBA

Burkina Faso, 41% des barrages en état de dégradation

AgribusinessTV 11 septembre 2024 1657 Aucun commentaire

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Presque la moitié des Barrages au Burkina Faso ne sont pas en bon état. 41% d’entre eux sont en situation de dégradation avancée. Pendant ce temps, certains projets de construction piétinent alors que les délais sont épuisés. Lors d’une session parlementaire le 27 janvier 2024, l’ancien ministre de l’Eau, Augustin KABORÉ, a alerté sur l’état critique des barrages au Burkina Faso soulignant que 41% du nombre total sont dans une dégradation très avancée.  « Une chose est d’avoir les moyens de mobiliser l’eau. L’autre, c’est de se donner les moyens de protéger ces infrastructures et de les utiliser de façon conséquentes », commente Marc GANSORÉ, Secrétaire Général de la Confédération paysanne du Faso (CPF), soulignant également que les populations doivent éviter d’avoir des attitudes qui nuisent aux barrages. Les causes de la dégradation des barrages sont multiples. Parmi elles, la fermeture, en 2002, de l’Office National des Barrages et Aménagements Hydroagricoles (ONBAH), jadis chargé de la réalisation et la gestion des barrages. Après la fermeture, la gestion et l’entretien des barrages ont été confiés au secteur privé.  « Depuis que la conception et l’exécution des barrages sont confiées au secteur privé, comprenant des entreprises et des bureaux d’études, l’entretien et la sécurité des barrages sont devenus une préoccupation majeure pour les acteurs du domaine », indique le rapport du Document cadre d’entretien et de sécurité des barrages. Ce rapport qui relève les lacunes de la gestion des barrages par le secteur privé précise que les facteurs majeurs de dégradation des barrages sont « sans conteste » les insuffisances dans la conception, les vices cachés de réalisation, la mauvaise exploitation, le déficit d’entretien et la vétusté. Ousséni DRABO, Directeur Général des Infrastructures hydrauliques souligne qu’il y a un manque de système solide pour l’entretien des barrages. En réponse, un décret de classification des barrages a été pris, accompagné d’un arrêté spécifique pour renforcer l’entretien et la maintenance. Ce décret vise également à engager les communautés locales dans la préservation de ces infrastructures. Inégale répartition Entre 2012 à 2021, 32 nouveaux barrages ont été construits au Burkina Faso, selon le rapport de l’annuaire statistique de l’eau et de l’assainissement de 2021. Cependant, leur répartition est inégale. Certaines régions n’ont pas bénéficié de nouvelles constructions. C’est le cas des régions du Sahel, de la Boucle du Mouhoun et du Sud-Ouest.  La région du Centre-Sud est celle où il y a  le plus grand nombre de nouveaux barrages : 08. La région du Sahel et la Boucle du Mouhoun, le Directeur Général des Infrastructures hydrauliques explique l’absence de nouveaux barrages par le contexte sécuritaire difficile qui ne permet pas la réalisation des travaux. « Les prestataires n’ont pas pu les réaliser à cause de la présence du terrorisme », détaille Ousséni Drabo. En revanche, pour la région du Sud-Ouest, relativement plus sécurisée, il souligne que cette partie du pays est concernée par des travaux d’envergures, notamment le barrage de Ouessa et Bougouriba, et que ces projets nécessitent plus de temps pour être réalisés. Barrages en souffrance En effet, à Ouéssa, commune située à environ 250 kilomètres de Ouagadougou, la population avait placé un grand espoir sur le projet de construction du barrage, annoncé il y a plusieurs années, mais dont les travaux n’ont pas encore commencé. « Il n’y a pas de travail. Ça fait que certains jeunes quittent Ouessa pour aller au Ghana travailler. Si le barrage était là, au lieu de se déplacer, entrer dans les autres pays pour travailler, les jeunes allaient rester », fulmine Jean de Dieu SOMDA, habitant de Ouéssa. La construction de ce barrage évalué à plus de 720 milliards de FCFA pour une capacité 1 milliards 550 mètres cubes traverse plusieurs régimes sans que les travaux sortent de terre.  « Pendant que le président Blaise COMPAORÉ était au pouvoir, le barrage devait prendre fin en 2011. Mais en 2011, on n’a rien vu, même une machine. Tout ça, c’est de l’égoïsme. Et ça nous fait très mal », s’indigne Alain SOMÉ, un autre habitant de la commune.   Sur le site qui devait abriter l’ouvrage, pas de machines. Pas de personnel. Pas travaux. Marc GANSORÉ, Secrétaire général de la Confédération paysanne du Faso (CPF) et producteur agricole, s’inquiète des conséquences de l’absence de l’infrastructure hydraulique. « Au-delà de cette insécurité que nous vivons, si nous devons vivre aussi dans l’insécurité alimentaire, alors ça va être le chaos. Pour ce barrage et bien d’autres infrastructures, je crois que l’État doit encore mouiller le maillot », interpelle le secrétaire général de la CPF. À côté du barrage de Ouéssa, celui de la Bougouriba qui devrait accroître de plus de 800 000 tonnes la production de produits vivriers et maraîchers est aussi un serpent de mer.  Pourtant, la pose de la première pierre de l ’ouvrage de 1,05 milliards de mètres cubes a eu lieu en 1998 par le premier ministre de l’époque, Kadré Désiré OUÉDRAOGO. 26 ans après, il n’y a toujours pas de barrage. Le Directeur Général des Infrastructures hydrauliques assure que le président du Faso (NDLR : le Capitaine Ibrahim TRAORÉ) a fait de ces barrages d’envergure son cheval de bataille. « Il a pris ça comme des projets très importants à réaliser à tous les coûts. Des échanges sont en train de se faire pour que ces barrages voient le jour », a précisé Ousséni DRABO. Le barrage de Ouessa n’est pas un cas isolé d’infrastructure hydraulique qui stagne. Le cas du barrage de Niou, lancé officiellement en mars 2019 pour un délai d’exécution de 14 mois hors saison des pluies, n’a toujours pas été livré. Qu’est-ce qui coince avec ce barrage qui devrait être réalisé dans le cadre du Projet de mobilisation et de valorisation des eaux de surface dans le Plateau central (PMVEC) ?  Dans un article du journal Sidwaya publié le 17 janvier 2024, le coordonnateur du PMVEC, Boukari COMPAORÉ  a expliqué le retard par le fait que « le prestataire avait des difficultés pour mobiliser du personnel et du matériel conséquent pour l’exécution des travaux. Le projet s’est vu obligé de le déclarer défaillant et… Read more »

Découverte de mon village et ses grenouilles

AgribusinessTV 4 septembre 2024 930 Aucun commentaire

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Vous avez certainement entendu parler ou même manger le poulet frit de Boromo et le poisson frit de Kompienga, mais avez-vous déjà entendu parler de la grenouille frite ? Eh bien ! Laissez-moi vous faire découvrir la grenouille frite de mon village, Mogtédo. C’est un véritable délice que les habitants de mon village en raffolent. Avant de vous donner plus de détails sur ce succulent plat, je vous présente brièvement Mogtédo.  C’est une commune rurale de la province du Ganzourgou, située dans la région du plateau-Central au Burkina Faso. La grenouille, un mets prisé à Mogtédo Souvent accompagnées du riz au soumbala, de la soupe ou frites comme du poisson, les grenouilles se dégustent comme tout autre mets. Elles sont capturées par les enfants aux abords du barrage de Mogtédo. Après la capture, elles sont revendues aux femmes qui les transforment en les faisant frire. Une fois que les grenouilles sont prêtes à être consommées, c’est-à-dire déjà frites, elles sont envoyées au marché pour la commercialisation. Le marché de Mogtédo, situé à quelques pas de la route s’anime tous les trois jours. Là, vous pouvez apercevoir des assiettes sur les têtes, sillonnant les rues, jour et nuit pour proposer leurs grenouilles aux usagers. Le prix de la grenouille frite varie en fonction de sa grosseur et de la période. Ce qui fait qu’on peut acheter l’unité à 100 FCFA ou 500 FCFA. Lorsqu’on m’a proposé pour la première fois de goûter à cette viande, j’étais tombée dans une peur bleue rien qu’à la vue de la tête du batracien. Mais suite aux différents retours positifs des personnes qui en consommaient déjà, j’ai décidé de surmonter ma réticence et de tenter l’expérience. Je puis vous assurer qu’elle est aussi délicieuse que le poisson frit ou le poulet rôti. Je regrette de ne pas l’avoir goûtée plus tôt, car depuis lors, j’en raffole. Je tiens à préciser qu’il ne faut pas confondre les grenouilles avec les crapauds qui sont aussi consommés dans d’autres localités. Mais personnellement, je ne suis pas prête à franchir le pas avec les crapauds. Une passerelle pour l’autonomisation des femmes À Mogtédo, la transformation et la commercialisation des grenouilles permettent aux femmes de subvenir à leurs besoins. Certaines arrivent à faire un bénéfice de 2 000 à 3 000 FCFA par jour. Ce qui n’est pas rien. Il y en a parmi elles, qui ont même abandonné la vente du poisson frit pour se spécialiser dans la vente des grenouilles. Une activité que certaines trouvent plus rentable que celle des poissons. L’avenir d’une activité salvatrice Si la transformation et la commercialisation des grenouilles participent à l’autonomisation de nombreuses femmes, il faut aussi mentionner les difficultés que vivent ces femmes. Avec le tarissement du barrage, les grenouilles tendent à disparaître, mettant ainsi la population dans un désarroi. Les poissons et les grenouilles se font maintenant rares sur la place du marché de Mogtédo. Comme solutions palliatives, certaines d’entre elles font venir leurs produits des villages voisins afin de pouvoir satisfaire leur clientèle et avoir de quoi continuer à s’occuper. Si les grenouilles disparaissent, que vont-elles faire ? Une question que je me pose avec beaucoup de déplaisir.  Clarisse K. TIEMTORÉ  

L’offensive piscicole en marche

AgribusinessTV 28 août 2024 1040 Aucun commentaire

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C’est une importante décision que le gouvernement burkinabè a prise dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025. Il s’agit de la promotion de la production piscicole pour répondre à la demande croissante en poisson. Des actions ont déjà été mises en œuvre et les résultats commencent à être visibles. À Samandeni par exemple, le troisième plus grand barrage du pays, des particuliers, avec l’appui du gouvernement, ont installé des cages flottantes pour la production intensive de tilapia. Sur ce barrage, 15 tonnes de poissons ont été pêchées en ce mois d’août 2024. Il s’agit du premier cycle de tilapia produit sur les 180 cages flottantes déjà installées au niveau de cette infrastructure hydraulique dont la capacité est de 1 milliard 50 millions de mètres cube. 84% de la demande est couverte par des importations L’initiative est la bienvenue, car la demande nationale en poisson est en deçà de la production. Le pays importe beaucoup de poissons pour satisfaire la demande. En 2021, la demande nationale en poisson était évaluée à 193 160 tonnes. Alors que, la production nationale ne s’élevait qu’à 30 555 tonnes. Il a donc fallu importer 162 605 tonnes pour combler le gap. Au regard de ces statistiques, seulement 16 % du besoin du pays est produit au niveau national. Le reste a été couvert par les importations. L’aliment, un défi majeur En encourageant la production de poisson dans le cadre de l’Offensive, cela va permettre de couvrir la moitié des besoins en consommation nationale, selon le ministère en charge des ressources halieutiques à l’horizon 2025. Cependant, le nerf de la guerre en pisciculture demeure l’aliment des poissons. C’est coûteux et de surcroît l’aliment se fait souvent rare. C’est l’un des préalables qu’il ne faut pas tarder à régler pour que ce rêve de produire 100 000 tonnes de poisson par an à l’horizon 2025 devienne une réalité. L’unité étatique de fabrication d’aliment pour poisson, l’usine de Bagrépôle, produit un aliment qui ne convient pas totalement aux pisciculteurs. Certains pisciculteurs préfèrent importer l’aliment fabriqué au Ghana, au Maroc etc., car ils estiment que l’aliment produit ne répond pas toujours aux normes de qualité qu’ils recherchent. Des particuliers se sont également lancés dans la fabrication de cet aliment. Mais, ils peinent à offrir un aliment adapté et qui répond aux attentes des pisciculteurs. Il faut savoir que l’aliment du poisson doit flotter et avoir des taux de protéines assez importants, pour assurer une croissance rapide du poisson dans un cycle court. Au niveau de l’usine de production d’aliments de Bagrépôle, plusieurs pistes sont en train d’être explorées pour résoudre ce problème d’aliment. Il faut faire vite pour disponibiliser de l’aliment local de qualité et à un prix abordable pour que les pisciculteurs puissent atteindre de bons résultats. Sinon, l’objectif de produire 100 000 tonnes de poisson par an à l’horizon 2025 risque d’être un simple slogan. Yenntéma Priscille OUOBA

Accès à l’eau au Burkina Faso, des résultats potables

AgribusinessTV 21 août 2024 12710 Aucun commentaire

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Le Burkina Faso a longtemps fait partie des mauvais élèves en matière d’accès à l’eau potable. Désormais, le pays fait des progrès. En milieu rural comme en zone urbaine, le taux d’accès à l’or bleu a connu une évolution, surtout ces dix dernières années. Mais la bataille de l’eau est encore loin d’être gagnée. À Reka, un village situé à une dizaine de kilomètres de Ouahigouya, les femmes se rappellent encore les longs trajets pour aller chercher l’eau. « On avait difficilement accès à l’eau, on partait chercher l’eau dans le village voisin. Le manque d’eau nous fatiguait énormément », se souvient Rasmata OUÉDRAOGO. Les familles qui n’étaient pas en mesure de faire le déplacement, précise-t-elle, étaient obligées de se contenter des eaux de pluies ou des points d’eau. Comme à Reka, l’approvisionnement en eau potable a longtemps été une denrée rare dans plusieurs villages du pays. En 2006, plusieurs régions étaient dans le rouge. Ces dernières années, la corvée d’eau est en passe de devenir un lointain souvenir dans de nombreuses zones rurales. C’est le cas à Reka, où avec l’installation de forages et la réparation de celles qui étaient en panne, les femmes ne parcourent plus de longues distances en transportant les bidons ou bassines pour aller chercher l’eau. En cette matinée du 16 juillet 2024, c’est toute joyeuse que Rasmata OUÉDRAOGO s’est rendue à la pompe du village, située à quelques pas de son habitation, pour puiser l’eau nécessaire à ses activités quotidiennes, avant de se rendre au champ où un groupe de femmes l’attendent pour les travaux agricoles communautaires. « Cette pompe nous soulage beaucoup », soupire-telle, après avoir vider sa bassine d’eau dans la jarre. On étanche mieux sa soif En milieu rural comme urbain, l’accès à l’eau s’est sensiblement amélioré ces dix dernières années. À Nioko 1, un quartier périphérique de Ouagadougou, Roch THIOMBIANO se rappelle les nuits passées à attendre l’eau qui ne venait souvent qu’aux petites heures du matin, voire après plusieurs jours sans. Il précise qu’il pouvait passer toute une journée, voire deux jours, sans eau. Et lorsqu’elle coulait de son robinet, c’était souvent vers 3 ou 4 heures du matin. « Il fallait être prêt à se lever à tout moment de la nuit pour recueillir l’eau. Le matin, à 6 heures déjà, il y a coupure d’eau », se remémore-t-il. Puis, il se dirige vers son robinet qu’il ouvre et aussitôt le liquide précieux jaillit. « Je n’ai pas toujours d’eau dans mon robinet 24h/24, 7jours/7, mais il y a quand même de l’amélioration », a précisé Roch THIOMBIANO. Alassane SAMOURA, sociologue a consacré près de 25 ans de sa carrière à une ONG spécialisée dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, avant de quitter pour fonder le musée de l’eau, un espace qui met en valeur l’importance de l’eau à travers des objets traditionnels lié à son extraction, son transport et son utilisation. Nous l’avons rencontré le 20 juillet 2024 dans les locaux du musée à Loumbila, à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, la capitale politique du Burkina Faso. Il est entouré d’un groupe de jeunes qu’il motive à réfléchir sur la préservation les ressources en eau dans un ce contexte de changement climatique.  Alassane SAMOURA affirme que le Burkina Faso a fait de « grands progrès » en matière d’eau potable.  « Il faut reconnaitre avec fierté », insiste-t-il.  Cependant, il note qu’il reste des « efforts à fournir. » « Vous verrez toujours sur les réseaux sociaux, des gens qui se plaignent de la question de l’eau », a dit Alassane SAMOURA, soulignant qu’il ne passe pas un seul jour sans que les gens ne posent le problème de l’eau. Les premières batailles de l’eau Le défi de l’eau a été une lutte longtemps menée au Burkina Faso.  Le pays a formulé pour la première fois une politique de l’eau en 1977. Cette politique visait à satisfaire les besoins en eau en développant des infrastructures hydrauliques, notamment les barrages. Mais, en 2005, en milieu rural, près de la moitié de la population ne disposait pas d’un accès « raisonnable » à l’eau potable. Par accès raisonnables, entendez par là, un approvisionnement en eau potable disponible à moins de quinze minutes de marche du lieu d’habitation. Pour une meilleure disponibilité, le pays a aussi adopté une loi d’orientation relative à la gestion de l’eau qui vise, entre autres, à préserver la quantité et la qualité des eaux. Les batteries de mesures et les actions d’autres acteurs du domaine n’ont pas permis un accès à tous à l’eau potable. C’est alors qu’est intervenu le Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable et d’Assainissement. Mis en œuvre entre 2007 et 2015, il a permis, selon le rapport bilan, a près de 5 millions de personnes supplémentaires  d’être desservies en eau potable, en milieu rural comme urbain. Mais le pays était loin des objectifs du Nations Unies qui reconnait l’accès à l’eau potable pour tous comme un droit et qui invite les États à atteindre cet objectif d’ici 2030. C’est dans cet élan qu’en 2016, le Burkina Faso met en œuvre le Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable. Ce deuxième programme a, selon l’Annuaire Statistique de l’eau potable, de l’Assainissement des eaux usées et excreta de 2021, a contribué à accroitre le nombre de personnes qui ont accès à la « source de vie ». Fidèle KOAMA, Directeur de l’Approvisionnement en eau potable précise qu’à la fin de l’année 2023, le taux d’accès à l’eau potable s’élevait à 78,3 %. Ces unités qui pêchent en eau trouble La question de l’eau potable attire aussi de plus en plus des hommes et femmes d’affaires qui créent des unités de production d’eau minérale.  Selon le rapport de l’annuaire statistique de l’eau et de l’assainissement, en 2012, il n’y avait aucune unité officiellement implantée. Depuis lors, 234 unités se sont établies sur le marché des eaux minérales en sachet. Les plus fortes concentrations de ses unités de production se trouvent dans les régions du Centre, des Hauts-bassins et de la Boucle du Mouhoun. À côté des unités officiellement reconnues,… Read more »