Au Niger, le PRAPS II redonne vie aux parcours et sécurise l’accès à l’eau pour les éleveurs

AgribusinessTV 9 août 2026 8373 Aucun commentaire

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Dans les vastes espaces pastoraux du Niger, l’eau et le pâturage demeurent deux ressources les plus précieuses pour les éleveurs. Face aux effets du changement climatique et à la dégradation des terres, le Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel-Phase II (PRAPS II) investit dans des infrastructures pastorales et des solutions innovantes pour garantir l’accès des communautés aux ressources naturelles et renforcer leur résilience. Le projet bénéficie du soutien de la Banque mondiale à hauteur de 110 millions de dollars US.

Dans la région de Tahoua, le PRAPS II Niger apporte son soutien au Centre de multiplication du bétail d’Ibécitan, créé par l’État pour préserver la race de zébu Azawak réputée pour sa productivité en lait et en viande, ainsi que sa résilience à toute épreuve. Le projet y a réhabilité une station de pompage d’eau, alimentée par un groupe électrogène et équipée d’un réservoir de stockage et d’un réseau de distribution, garantissant un accès durable à l’eau pour les troupeaux comme pour les populations environnantes. 

Le PRAPS II Niger accompagne par ailleurs la production de plusieurs variétés de fourrages cultivés (niébé, maïs, sorgho, pois d’Angole et dolique), contribuant ainsi à améliorer la disponibilité alimentaire pour le bétail, à atténuer les effets de la variabilité saisonnière des pâturages et à renforcer les performances globales du centre. « La fourniture d’eau représentait une charge coûteuse pour le centre, et les populations devaient parcourir plusieurs kilomètres pour s’approvisionner. Aujourd’hui, cette station de pompage est devenue indispensable à la survie des animaux. L’appui du PRAPS II nous a également permis d’atteindre une véritable autonomie fourragère », témoigne Issa Boubacar, directeur du centre.

Grâce à la réhabilitation de cette infrastructure hydraulique, la corvée d’eau appartient désormais au passé, tout comme les tensions qu’elle générait parfois autour de cette ressource vitale. La production fourragère, qui s’étend sur 120 hectares, mobilise une main-d’œuvre rémunérée de 120 personnes. Le centre parvient ainsi à préserver ses zébus dans de meilleures conditions, tout en assurant la diffusion de sujets performants auprès des coopératives féminines.

Le projet agit également pour la restauration des terres dégradées. À Malley Rouga, dans la région de Tahoua, le PRAPS II a mis en œuvre une approche innovante dénommée « HIMO pastorale ». Cette technique consiste à organiser le séjour contrôlé des animaux sur des terres dégradées afin de fertiliser naturellement les sols grâce aux déjections et au piétinement du bétail. L’opération est ensuite complétée par l’ensemencement d’espèces fourragères adaptées et la régénération naturelle assistée des arbres. « Avant que le campement des éleveurs ne s’installe, le sol était nu. Mais après le campement et les pluies, l’herbe pousse. Au début, le PRAPS II nous a octroyé des aliments pour le bétail et des vivres pour nos besoins alimentaires. Avec la technique de l’HIMO pastorale initiée par le projet, nous avons de quoi nourrir nos animaux et nos familles, ainsi que des pâturages. Nous trouvons désormais de l’herbe pour nos bêtes », confie Ibrahim Adama, représentant des éleveurs peuls du groupement de Madaoua.

Grâce à cette approche, 200 hectares de parcours pastoraux ont déjà été restaurés, notamment dans l’enclave pastorale de Zangoria. À l’échelle nationale, plus de 1,46 million d’hectares sont désormais placés sous gestion durable, tandis que 7 699 tonnes de cultures fourragères ont été produites entre 2023 et 2026 pour renforcer l’alimentation du bétail. Au total, 107 points d’eau ont été réalisés pour soutenir la productivité animale et le bien-être des populations pastorales.

À travers ces investissements, le PRAPS II démontre qu’une gestion durable des ressources pastorales constitue un levier essentiel pour préserver les moyens d’existence des éleveurs, protéger les écosystèmes et à stimuler la productivité animale. Mis en œuvre dans six pays du Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad), le projet est coordonné à l’échelle régionale par le CILSS.

Patricia COULIBALY 

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