Burkina Faso, 41% des barrages en état de dégradation

AgribusinessTV 11 septembre 2024 1392 Aucun commentaire

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Presque la moitié des Barrages au Burkina Faso ne sont pas en bon état. 41% d’entre eux sont en situation de dégradation avancée. Pendant ce temps, certains projets de construction piétinent alors que les délais sont épuisés. Lors d’une session parlementaire le 27 janvier 2024, l’ancien ministre de l’Eau, Augustin KABORÉ, a alerté sur l’état critique des barrages au Burkina Faso soulignant que 41% du nombre total sont dans une dégradation très avancée.  « Une chose est d’avoir les moyens de mobiliser l’eau. L’autre, c’est de se donner les moyens de protéger ces infrastructures et de les utiliser de façon conséquentes », commente Marc GANSORÉ, Secrétaire Général de la Confédération paysanne du Faso (CPF), soulignant également que les populations doivent éviter d’avoir des attitudes qui nuisent aux barrages. Les causes de la dégradation des barrages sont multiples. Parmi elles, la fermeture, en 2002, de l’Office National des Barrages et Aménagements Hydroagricoles (ONBAH), jadis chargé de la réalisation et la gestion des barrages. Après la fermeture, la gestion et l’entretien des barrages ont été confiés au secteur privé.  « Depuis que la conception et l’exécution des barrages sont confiées au secteur privé, comprenant des entreprises et des bureaux d’études, l’entretien et la sécurité des barrages sont devenus une préoccupation majeure pour les acteurs du domaine », indique le rapport du Document cadre d’entretien et de sécurité des barrages. Ce rapport qui relève les lacunes de la gestion des barrages par le secteur privé précise que les facteurs majeurs de dégradation des barrages sont « sans conteste » les insuffisances dans la conception, les vices cachés de réalisation, la mauvaise exploitation, le déficit d’entretien et la vétusté. Ousséni DRABO, Directeur Général des Infrastructures hydrauliques souligne qu’il y a un manque de système solide pour l’entretien des barrages. En réponse, un décret de classification des barrages a été pris, accompagné d’un arrêté spécifique pour renforcer l’entretien et la maintenance. Ce décret vise également à engager les communautés locales dans la préservation de ces infrastructures. Inégale répartition Entre 2012 à 2021, 32 nouveaux barrages ont été construits au Burkina Faso, selon le rapport de l’annuaire statistique de l’eau et de l’assainissement de 2021. Cependant, leur répartition est inégale. Certaines régions n’ont pas bénéficié de nouvelles constructions. C’est le cas des régions du Sahel, de la Boucle du Mouhoun et du Sud-Ouest.  La région du Centre-Sud est celle où il y a  le plus grand nombre de nouveaux barrages : 08. La région du Sahel et la Boucle du Mouhoun, le Directeur Général des Infrastructures hydrauliques explique l’absence de nouveaux barrages par le contexte sécuritaire difficile qui ne permet pas la réalisation des travaux. « Les prestataires n’ont pas pu les réaliser à cause de la présence du terrorisme », détaille Ousséni Drabo. En revanche, pour la région du Sud-Ouest, relativement plus sécurisée, il souligne que cette partie du pays est concernée par des travaux d’envergures, notamment le barrage de Ouessa et Bougouriba, et que ces projets nécessitent plus de temps pour être réalisés. Barrages en souffrance En effet, à Ouéssa, commune située à environ 250 kilomètres de Ouagadougou, la population avait placé un grand espoir sur le projet de construction du barrage, annoncé il y a plusieurs années, mais dont les travaux n’ont pas encore commencé. « Il n’y a pas de travail. Ça fait que certains jeunes quittent Ouessa pour aller au Ghana travailler. Si le barrage était là, au lieu de se déplacer, entrer dans les autres pays pour travailler, les jeunes allaient rester », fulmine Jean de Dieu SOMDA, habitant de Ouéssa. La construction de ce barrage évalué à plus de 720 milliards de FCFA pour une capacité 1 milliards 550 mètres cubes traverse plusieurs régimes sans que les travaux sortent de terre.  « Pendant que le président Blaise COMPAORÉ était au pouvoir, le barrage devait prendre fin en 2011. Mais en 2011, on n’a rien vu, même une machine. Tout ça, c’est de l’égoïsme. Et ça nous fait très mal », s’indigne Alain SOMÉ, un autre habitant de la commune.   Sur le site qui devait abriter l’ouvrage, pas de machines. Pas de personnel. Pas travaux. Marc GANSORÉ, Secrétaire général de la Confédération paysanne du Faso (CPF) et producteur agricole, s’inquiète des conséquences de l’absence de l’infrastructure hydraulique. « Au-delà de cette insécurité que nous vivons, si nous devons vivre aussi dans l’insécurité alimentaire, alors ça va être le chaos. Pour ce barrage et bien d’autres infrastructures, je crois que l’État doit encore mouiller le maillot », interpelle le secrétaire général de la CPF. À côté du barrage de Ouéssa, celui de la Bougouriba qui devrait accroître de plus de 800 000 tonnes la production de produits vivriers et maraîchers est aussi un serpent de mer.  Pourtant, la pose de la première pierre de l ’ouvrage de 1,05 milliards de mètres cubes a eu lieu en 1998 par le premier ministre de l’époque, Kadré Désiré OUÉDRAOGO. 26 ans après, il n’y a toujours pas de barrage. Le Directeur Général des Infrastructures hydrauliques assure que le président du Faso (NDLR : le Capitaine Ibrahim TRAORÉ) a fait de ces barrages d’envergure son cheval de bataille. « Il a pris ça comme des projets très importants à réaliser à tous les coûts. Des échanges sont en train de se faire pour que ces barrages voient le jour », a précisé Ousséni DRABO. Le barrage de Ouessa n’est pas un cas isolé d’infrastructure hydraulique qui stagne. Le cas du barrage de Niou, lancé officiellement en mars 2019 pour un délai d’exécution de 14 mois hors saison des pluies, n’a toujours pas été livré. Qu’est-ce qui coince avec ce barrage qui devrait être réalisé dans le cadre du Projet de mobilisation et de valorisation des eaux de surface dans le Plateau central (PMVEC) ?  Dans un article du journal Sidwaya publié le 17 janvier 2024, le coordonnateur du PMVEC, Boukari COMPAORÉ  a expliqué le retard par le fait que « le prestataire avait des difficultés pour mobiliser du personnel et du matériel conséquent pour l’exécution des travaux. Le projet s’est vu obligé de le déclarer défaillant et… Read more »

Découverte de mon village et ses grenouilles

AgribusinessTV 4 septembre 2024 825 Aucun commentaire

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Vous avez certainement entendu parler ou même manger le poulet frit de Boromo et le poisson frit de Kompienga, mais avez-vous déjà entendu parler de la grenouille frite ? Eh bien ! Laissez-moi vous faire découvrir la grenouille frite de mon village, Mogtédo. C’est un véritable délice que les habitants de mon village en raffolent. Avant de vous donner plus de détails sur ce succulent plat, je vous présente brièvement Mogtédo.  C’est une commune rurale de la province du Ganzourgou, située dans la région du plateau-Central au Burkina Faso. La grenouille, un mets prisé à Mogtédo Souvent accompagnées du riz au soumbala, de la soupe ou frites comme du poisson, les grenouilles se dégustent comme tout autre mets. Elles sont capturées par les enfants aux abords du barrage de Mogtédo. Après la capture, elles sont revendues aux femmes qui les transforment en les faisant frire. Une fois que les grenouilles sont prêtes à être consommées, c’est-à-dire déjà frites, elles sont envoyées au marché pour la commercialisation. Le marché de Mogtédo, situé à quelques pas de la route s’anime tous les trois jours. Là, vous pouvez apercevoir des assiettes sur les têtes, sillonnant les rues, jour et nuit pour proposer leurs grenouilles aux usagers. Le prix de la grenouille frite varie en fonction de sa grosseur et de la période. Ce qui fait qu’on peut acheter l’unité à 100 FCFA ou 500 FCFA. Lorsqu’on m’a proposé pour la première fois de goûter à cette viande, j’étais tombée dans une peur bleue rien qu’à la vue de la tête du batracien. Mais suite aux différents retours positifs des personnes qui en consommaient déjà, j’ai décidé de surmonter ma réticence et de tenter l’expérience. Je puis vous assurer qu’elle est aussi délicieuse que le poisson frit ou le poulet rôti. Je regrette de ne pas l’avoir goûtée plus tôt, car depuis lors, j’en raffole. Je tiens à préciser qu’il ne faut pas confondre les grenouilles avec les crapauds qui sont aussi consommés dans d’autres localités. Mais personnellement, je ne suis pas prête à franchir le pas avec les crapauds. Une passerelle pour l’autonomisation des femmes À Mogtédo, la transformation et la commercialisation des grenouilles permettent aux femmes de subvenir à leurs besoins. Certaines arrivent à faire un bénéfice de 2 000 à 3 000 FCFA par jour. Ce qui n’est pas rien. Il y en a parmi elles, qui ont même abandonné la vente du poisson frit pour se spécialiser dans la vente des grenouilles. Une activité que certaines trouvent plus rentable que celle des poissons. L’avenir d’une activité salvatrice Si la transformation et la commercialisation des grenouilles participent à l’autonomisation de nombreuses femmes, il faut aussi mentionner les difficultés que vivent ces femmes. Avec le tarissement du barrage, les grenouilles tendent à disparaître, mettant ainsi la population dans un désarroi. Les poissons et les grenouilles se font maintenant rares sur la place du marché de Mogtédo. Comme solutions palliatives, certaines d’entre elles font venir leurs produits des villages voisins afin de pouvoir satisfaire leur clientèle et avoir de quoi continuer à s’occuper. Si les grenouilles disparaissent, que vont-elles faire ? Une question que je me pose avec beaucoup de déplaisir.  Clarisse K. TIEMTORÉ  

L’offensive piscicole en marche

AgribusinessTV 28 août 2024 900 Aucun commentaire

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C’est une importante décision que le gouvernement burkinabè a prise dans le cadre de l’Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025. Il s’agit de la promotion de la production piscicole pour répondre à la demande croissante en poisson. Des actions ont déjà été mises en œuvre et les résultats commencent à être visibles. À Samandeni par exemple, le troisième plus grand barrage du pays, des particuliers, avec l’appui du gouvernement, ont installé des cages flottantes pour la production intensive de tilapia. Sur ce barrage, 15 tonnes de poissons ont été pêchées en ce mois d’août 2024. Il s’agit du premier cycle de tilapia produit sur les 180 cages flottantes déjà installées au niveau de cette infrastructure hydraulique dont la capacité est de 1 milliard 50 millions de mètres cube. 84% de la demande est couverte par des importations L’initiative est la bienvenue, car la demande nationale en poisson est en deçà de la production. Le pays importe beaucoup de poissons pour satisfaire la demande. En 2021, la demande nationale en poisson était évaluée à 193 160 tonnes. Alors que, la production nationale ne s’élevait qu’à 30 555 tonnes. Il a donc fallu importer 162 605 tonnes pour combler le gap. Au regard de ces statistiques, seulement 16 % du besoin du pays est produit au niveau national. Le reste a été couvert par les importations. L’aliment, un défi majeur En encourageant la production de poisson dans le cadre de l’Offensive, cela va permettre de couvrir la moitié des besoins en consommation nationale, selon le ministère en charge des ressources halieutiques à l’horizon 2025. Cependant, le nerf de la guerre en pisciculture demeure l’aliment des poissons. C’est coûteux et de surcroît l’aliment se fait souvent rare. C’est l’un des préalables qu’il ne faut pas tarder à régler pour que ce rêve de produire 100 000 tonnes de poisson par an à l’horizon 2025 devienne une réalité. L’unité étatique de fabrication d’aliment pour poisson, l’usine de Bagrépôle, produit un aliment qui ne convient pas totalement aux pisciculteurs. Certains pisciculteurs préfèrent importer l’aliment fabriqué au Ghana, au Maroc etc., car ils estiment que l’aliment produit ne répond pas toujours aux normes de qualité qu’ils recherchent. Des particuliers se sont également lancés dans la fabrication de cet aliment. Mais, ils peinent à offrir un aliment adapté et qui répond aux attentes des pisciculteurs. Il faut savoir que l’aliment du poisson doit flotter et avoir des taux de protéines assez importants, pour assurer une croissance rapide du poisson dans un cycle court. Au niveau de l’usine de production d’aliments de Bagrépôle, plusieurs pistes sont en train d’être explorées pour résoudre ce problème d’aliment. Il faut faire vite pour disponibiliser de l’aliment local de qualité et à un prix abordable pour que les pisciculteurs puissent atteindre de bons résultats. Sinon, l’objectif de produire 100 000 tonnes de poisson par an à l’horizon 2025 risque d’être un simple slogan. Yenntéma Priscille OUOBA

Accès à l’eau au Burkina Faso, des résultats potables

AgribusinessTV 21 août 2024 12625 Aucun commentaire

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Le Burkina Faso a longtemps fait partie des mauvais élèves en matière d’accès à l’eau potable. Désormais, le pays fait des progrès. En milieu rural comme en zone urbaine, le taux d’accès à l’or bleu a connu une évolution, surtout ces dix dernières années. Mais la bataille de l’eau est encore loin d’être gagnée. À Reka, un village situé à une dizaine de kilomètres de Ouahigouya, les femmes se rappellent encore les longs trajets pour aller chercher l’eau. « On avait difficilement accès à l’eau, on partait chercher l’eau dans le village voisin. Le manque d’eau nous fatiguait énormément », se souvient Rasmata OUÉDRAOGO. Les familles qui n’étaient pas en mesure de faire le déplacement, précise-t-elle, étaient obligées de se contenter des eaux de pluies ou des points d’eau. Comme à Reka, l’approvisionnement en eau potable a longtemps été une denrée rare dans plusieurs villages du pays. En 2006, plusieurs régions étaient dans le rouge. Ces dernières années, la corvée d’eau est en passe de devenir un lointain souvenir dans de nombreuses zones rurales. C’est le cas à Reka, où avec l’installation de forages et la réparation de celles qui étaient en panne, les femmes ne parcourent plus de longues distances en transportant les bidons ou bassines pour aller chercher l’eau. En cette matinée du 16 juillet 2024, c’est toute joyeuse que Rasmata OUÉDRAOGO s’est rendue à la pompe du village, située à quelques pas de son habitation, pour puiser l’eau nécessaire à ses activités quotidiennes, avant de se rendre au champ où un groupe de femmes l’attendent pour les travaux agricoles communautaires. « Cette pompe nous soulage beaucoup », soupire-telle, après avoir vider sa bassine d’eau dans la jarre. On étanche mieux sa soif En milieu rural comme urbain, l’accès à l’eau s’est sensiblement amélioré ces dix dernières années. À Nioko 1, un quartier périphérique de Ouagadougou, Roch THIOMBIANO se rappelle les nuits passées à attendre l’eau qui ne venait souvent qu’aux petites heures du matin, voire après plusieurs jours sans. Il précise qu’il pouvait passer toute une journée, voire deux jours, sans eau. Et lorsqu’elle coulait de son robinet, c’était souvent vers 3 ou 4 heures du matin. « Il fallait être prêt à se lever à tout moment de la nuit pour recueillir l’eau. Le matin, à 6 heures déjà, il y a coupure d’eau », se remémore-t-il. Puis, il se dirige vers son robinet qu’il ouvre et aussitôt le liquide précieux jaillit. « Je n’ai pas toujours d’eau dans mon robinet 24h/24, 7jours/7, mais il y a quand même de l’amélioration », a précisé Roch THIOMBIANO. Alassane SAMOURA, sociologue a consacré près de 25 ans de sa carrière à une ONG spécialisée dans le domaine de l’eau et de l’assainissement, avant de quitter pour fonder le musée de l’eau, un espace qui met en valeur l’importance de l’eau à travers des objets traditionnels lié à son extraction, son transport et son utilisation. Nous l’avons rencontré le 20 juillet 2024 dans les locaux du musée à Loumbila, à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, la capitale politique du Burkina Faso. Il est entouré d’un groupe de jeunes qu’il motive à réfléchir sur la préservation les ressources en eau dans un ce contexte de changement climatique.  Alassane SAMOURA affirme que le Burkina Faso a fait de « grands progrès » en matière d’eau potable.  « Il faut reconnaitre avec fierté », insiste-t-il.  Cependant, il note qu’il reste des « efforts à fournir. » « Vous verrez toujours sur les réseaux sociaux, des gens qui se plaignent de la question de l’eau », a dit Alassane SAMOURA, soulignant qu’il ne passe pas un seul jour sans que les gens ne posent le problème de l’eau. Les premières batailles de l’eau Le défi de l’eau a été une lutte longtemps menée au Burkina Faso.  Le pays a formulé pour la première fois une politique de l’eau en 1977. Cette politique visait à satisfaire les besoins en eau en développant des infrastructures hydrauliques, notamment les barrages. Mais, en 2005, en milieu rural, près de la moitié de la population ne disposait pas d’un accès « raisonnable » à l’eau potable. Par accès raisonnables, entendez par là, un approvisionnement en eau potable disponible à moins de quinze minutes de marche du lieu d’habitation. Pour une meilleure disponibilité, le pays a aussi adopté une loi d’orientation relative à la gestion de l’eau qui vise, entre autres, à préserver la quantité et la qualité des eaux. Les batteries de mesures et les actions d’autres acteurs du domaine n’ont pas permis un accès à tous à l’eau potable. C’est alors qu’est intervenu le Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable et d’Assainissement. Mis en œuvre entre 2007 et 2015, il a permis, selon le rapport bilan, a près de 5 millions de personnes supplémentaires  d’être desservies en eau potable, en milieu rural comme urbain. Mais le pays était loin des objectifs du Nations Unies qui reconnait l’accès à l’eau potable pour tous comme un droit et qui invite les États à atteindre cet objectif d’ici 2030. C’est dans cet élan qu’en 2016, le Burkina Faso met en œuvre le Programme National d’Approvisionnement en Eau Potable. Ce deuxième programme a, selon l’Annuaire Statistique de l’eau potable, de l’Assainissement des eaux usées et excreta de 2021, a contribué à accroitre le nombre de personnes qui ont accès à la « source de vie ». Fidèle KOAMA, Directeur de l’Approvisionnement en eau potable précise qu’à la fin de l’année 2023, le taux d’accès à l’eau potable s’élevait à 78,3 %. Ces unités qui pêchent en eau trouble La question de l’eau potable attire aussi de plus en plus des hommes et femmes d’affaires qui créent des unités de production d’eau minérale.  Selon le rapport de l’annuaire statistique de l’eau et de l’assainissement, en 2012, il n’y avait aucune unité officiellement implantée. Depuis lors, 234 unités se sont établies sur le marché des eaux minérales en sachet. Les plus fortes concentrations de ses unités de production se trouvent dans les régions du Centre, des Hauts-bassins et de la Boucle du Mouhoun. À côté des unités officiellement reconnues,… Read more »

Miser sur l’essor des produits locaux

AgribusinessTV 14 août 2024 722 Aucun commentaire

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Il y a quelques mois, j’ai intégré l’équipe de rédaction d’Agribusiness TV. La web télévision qui s’est donné pour sacerdoce de mettre en lumière des entrepreneurs modèles évoluant dans divers domaines, notamment l’agroalimentaire. Cela dit, il est donc flagrant de constater la contribution des médias dans la promotion des micro entreprises spécialisées dans la transformation locale du Burkina Faso. Quels sont donc les avantages de la création de ces entreprises agroalimentaires ? Pour un pays tel que le Burkina Faso en quête de l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire et la lutte contre la précarité des populations, il tire près de 40% de son produit intérieur brut (PIB) du secteur agricole. À cet effet, le secteur rural occupe une place prépondérante, avec environ 80% de sa population active selon Inter-réseaux. La transformation agroalimentaire devient ainsi une piste de solution qui impacte positivement le tissu social et économique du pays. Réduire les pertes post-récoltes La création des entreprises permet naturellement aux producteurs d’écouler leurs récoltes sans faire face à d’énormes difficultés en ce sens que la plupart de leurs produits sont périssables et saisonniers. Prenons l’exemple de la tomate mûre qui a une durée de conservation limitée. La transformation permet aux consommateurs également de se procurer ces produits à tout moment. Moteur de progrès et de développement La transformation des produits sur place contribue à créer et maintenir des emplois au niveau local, réduisant ainsi le chômage. En tant que journaliste, je reçois régulièrement des témoignages de jeunes qui réussissent à subvenir à leurs besoins en travaillant dans des entreprises de transformation. Gaston BAZIÉ, par exemple, m’a confié lors d’un tournage qu’il envisage de se lancer dans le secteur de la transformation grâce aux économies réalisées dans l’entreprise où il travaille. C’est ainsi qu’on crée de la valeur ajoutée. Outre cela, la valorisation des produits locaux est un facteur de développement d’une identité locale viable et forte. En effet, il est courant à mon niveau de recevoir des appels de personnes vivant à l’extérieur du Burkina Faso comme la Guinée, la Guadeloupe, le Mali dans le but de rentrer en contact avec des entrepreneurs pour diverses raisons (rencontre B to B, B to C, Formations…) De toute évidence, la création et la valorisation des entreprises de transformation locale devient une alternative capitale pour tendre vers une évolution socio-économique plus effective. Et de ce que je vois habituellement sur le terrain, d’ici à l’horizon 2030, l’univers entrepreneurial agricole poursuivra son essor. Aïcha SAWADOGO

L’importance de la semence

AgribusinessTV 7 août 2024 953 Un commentaire

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La campagne agricole s’est déjà installée, même si elle se fait encore désirer dans certaines localités. Que de bonne moisson soit au rendez-vous à l’issue de la campagne. Une moisson en abondance, c’est tout le mal que je souhaite à tous ces producteurs agricoles du monde entier, petits ou grands. Ces derniers travaillent la terre sans relâche afin que nous ayons de quoi faire bouillir la marmite pour la maisonnée. Mais, une bonne récolte suppose aussi faire un bon choix de semence.     Opter pour des semences de qualité « La semence est le début de la chaîne alimentaire. Celui qui contrôle la semence, contrôle la chaîne alimentaire, donc contrôle le peuple ». Cet extrait de Dominique Guillet renforce la place primordiale de la semence dans la chaîne de valeur agricole, dans la sécurité alimentaire, et par ricochet la préservation de la vie humaine.  Le secteur agricole burkinabè emploie plus de 80% de la population active et participe à hauteur de 40% au Produit Intérieur Brut (PIB). Transformer l’agriculture grâce aux semences améliorées Dans les années 1990, le Burkina Faso disposait déjà de plus d’une centaine de variétés de semences améliorées. Malheureusement, le pays connaît aujourd’hui une baisse de productivité. Cependant, il faut reconnaître qu’il existe désormais des variétés résilientes de diverses entreprises agricoles.  Bien que de nombreux efforts aient été faits pour améliorer les semences depuis les années 1990, la non-application des bonnes pratiques agricoles, notamment l’utilisation de semences améliorées, a conduit à une baisse de la productivité agricole. En effet, la vulgarisation des semences n’est pas encore un acquis au Burkina Faso. Les producteurs n’ont pas encore compris et cela à cause de l’insuffisance d’informations et de sensibilisations.  La vulgarisation de l’adoption de ces variétés pourrait conduire les entrepreneurs agricoles à plus de rigueur dans le choix de leurs semences. C’est pourquoi des médias comme Agribusiness TV travaillent d’arrache-pied à informer les acteurs du monde agricole sur les bonnes pratiques culturales. Les agriculteurs gagneraient à entrer en contact avec les spécialistes agricoles qui travaillent d’arrache-pied pour mettre à la disposition de la population des semences améliorées de qualité pour accroître leur productivité agricole. Patricia COULIBALY    

Les caniveaux ne sont pas des dépotoirs

AgribusinessTV 31 juillet 2024 672 Aucun commentaire

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La périphrase « Pays des Hommes Intègres » devrait inspirer tous les Burkinabè à faire de ce pays un endroit où il fait bon vivre. Hélas, ces mots hautement symboliques tendent à perdre leurs sens profonds tant certains citoyens, de par leurs actes inciviques mettent en péril les infrastructures mises en place pour assainir les villes du pays. Les caniveaux et autres infrastructures de rétention d’eaux pluviales, sont construits pour réduire les risques de catastrophes naturelles et les risques d’inondation dans certaines zones. Pourtant, ces ouvrages sont souvent détournés en dépotoirs où on y déverse les ordures ménagères qui vont à leur tour boucher les caniveaux, créant ainsi des nids à moustiques. Quand je vois dans nos quartiers la quantité d’ordures qui sont déversées dans les caniveaux sans le moindre gène, mon cœur saigne.  Ce qui est encore plus préoccupant et déplorable, c’est que les comportements inciviques sont fréquents dans les zones vulnérables aux inondations. Alors que les citoyens dorment, certains se permettent de vider nuitamment le contenu de leurs toilettes dans les caniveaux. Ces pratiques contribuent à la prolifération de maladies telles que le paludisme et le choléra. Cette insalubrité contribue au maintien du paludisme en Afrique, continent le plus touché par cette maladie. Pour piqûre de rappel, selon un rapport de l’OMS, en 2022, il y a eu cinq millions de cas de paludisme, une augmentation par rapport à l’année précédente. Si nous voulons booster cette maladie qui fait de nombreuses victimes hors de nos pays, chacun à son niveau doit travailler à éliminer toutes les conditions propices à leurs propagations. Oui, il faut conduire des actions de sensibilisation, mais elles doivent être accompagnées de mesures de répression contre les comportements inciviques. Certes, il y a souvent des bonnes volontés qui curent les caniveaux pour permettre le drainage des eaux de pluie, mais il faut éviter que d’autres, dès qu’il y a une pluie, ne viennent y vider les contenus de leurs poubelles. Curage des caniveaux d’accord, mais si on ne redouble pas d’effort dans la gestion des ordures afin de préserver la santé de la population, c’est peine perdue. Chacun doit assumer sa part de responsabilité pour l’entretien des caniveaux. Cela y va de notre bien être à tous. Clarisse K. TIEMTORÉ  

Transformer ce fléau en opportunité

AgribusinessTV 24 juillet 2024 858 Aucun commentaire

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Depuis que le ciel a ouvert ses vannes, la jacinthe d’eau qui s’était fait oublier pendant la saison sèche a refait surface et couvre, de son voile vert, une bonne partie de certains barrages et autres infrastructures hydrauliques. Cette plante aquatique qui envahit et asphyxie faune et flore, peut pourtant être transformée en opportunité. À Ouagadougou, le barrage numéro 3 de Tanghin est encore dans le pétrin. Et comme chaque année, des équipes sont déployées sur le terrain pour arracher cette plante envahissante. Le 26 juin dernier, des hommes et femmes, vêtus de gilets phosphorescents ont été déployés. Malgré les efforts, ce monstre aquatique, avec son incroyable capacité de prolifération, semble confortablement installé. L’Agence de l’eau du Nakanbé( AEN), créée en 2007, travaille pour protéger les ressources en eau menacées en déployant ses équipes pour mener le combat contre le fléau des eaux. Mais que faire de ces plantes arrachées ? Pourrait-on leur trouver une utilité ? Si on parvenait à en valoriser ces nuisibles, l’AEN pourrait réduire la fréquence de ces opérations. Il faut travailler à mettre en lumière ces plantes invasives qui peuvent être d’une grande utilité dans le secteur agricole. Dans d’autres pays, la jacinthe d’eau est utilisée dans l’artisanat, la fabrication de compost, de biogaz, de charbon écologique. Au Burundi, l’entreprise « Hyacinth Art House » transforme ses plantes en objets d’art, créant ainsi une source de revenus. Nous devons en prendre de la graine. Si au Burkina Faso on arrive à mettre en lumière son utilité, ce sont les populations elles-mêmes qui iront à la recherche de cette plante. Supposons que les agriculteurs découvrent son potentiel, ils pourraient chercher la plante partout où elle se trouve. Cette mauvaise herbe peut devenir une ressource précieuse si nous développons une économie autour de la plante. Hadepté DA

Hygiène indésirable dans nos abattoirs

AgribusinessTV 17 juillet 2024 844 Aucun commentaire

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Du transport de la viande à ciel ouvert et de l’hygiène de certains abattoirs, parlons-en. Ces problèmes persistants nécessitent des solutions qui tardent à être trouvées et adoptées. Alors, continuons de remuer le couteau dans cette plaie béante et sanguinolente. Selon les textes, le transport de la viande sur les motos est interdit au Burkina Faso. C’est une mesure salutaire. Sauf que dans la pratique, rien n’a vraiment changé. La pratique a encore la vie dure. Des carcasses de viande, encore dégoulinantes de sang, sont toujours transportées sur les engins à deux roues. Et elles sont exposées au vent, à la poussière et aux intempéries. Certains bouchers surchargent leurs motos au point de perdre l’équilibre. Avec l’interdiction et pour passer inaperçu, certains ont trouvé un stratagème consistant à enfouir les carcasses de viandes fraîches dans des sacs. Tout cela pose un sérieux problème d’hygiène. Malgré les opérations de sensibilisations et de saisies souvent organisées, le phénomène perdure. Pourtant des solutions existent Certains acteurs, notamment les bouchers, blâment le manque de moyens appropriés pour convoyer la viande des abattoirs aux sites de commercialisation. À défaut d’avoir des camions frigorifiques jugés trop coûteux, il existe des solutions plus abordables qui permettent le transport dans les règles d’hygiène et de salubrité. Les tricycles frigorifiés, s’ils sont convenablement aménagés, sont une solution.  Il n’y a pas longtemps, nous avons mis en lumière un box frigorifique mobile, idéal pour ce type de transport. C’est dire que l’offre même existe, il reste aux acteurs de s’y intéresser. Si une seule personne n’est pas en mesure d’en acquérir, il faut alors s’organiser. Les acteurs d’une même zone pourraient tirer avantage de s’unir pour investir dans de tels équipements. Un peu plus d’hygiène Ce n’est pas seulement lors du transport que la viande est malmenée. Elle l’est aussi dans des abattoirs. Un tour dans certains et vous serez accueilli par une odeur à faire rendre gorge aux non-initiés. Tellement ça empeste. Par-ci, les pattes d’animaux qui seront plus tard servies dans les restaurants baignent dans un concert de mouches. Par-là la saignée des animaux qui dégoulinent de partout. Dans certains abattoirs, âmes sensibles, s’abstenir de s’y rendre au risque de jurer de ne plus consommer de la viande. Le risque d’être dégouté est grand. Un peu plus d’hygiène dans nos abattoirs et on se passera de ces mauvaises odeurs qui dégagent dans les quartiers à proximité de certains abattoirs. Pour notre santé, les conditions de transport et de commercialisation de la viandé doivent être améliorées. Hadepté DA

Les aventures de Yenntéma

AgribusinessTV 10 juillet 2024 1061 Aucun commentaire

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Parcourir des villes et des villages du Burkina Faso, aller à la rencontre des jeunes qui se battent pour tirer dignement leur épingle du jeu. Voilà un petit aperçu de mes aventures en tant que reporter à Agribusiness TV. Le plus important pour moi, c’est de pouvoir conter au monde les histoires et parcours inspirants de personnes qui se démarquent dans une société où on se plaint beaucoup du chômage ou d’emplois précaires, mais qu’on hésite à sortir de notre zone de confort.  Parmi les entrepreneurs que j’ai interviewés, certains ont choisi de se lancer dans l’entrepreneuriat après leurs études, dans des domaines qui les passionnent véritablement. D’autres ont initialement opté pour le salariat, mais ont ensuite fait le choix de bifurquer vers l’entrepreneuriat. Ce changement de cap s’est souvent produit parce que leur passion de toujours les a rattrapés, soit parce qu’ils ne se plaisaient plus dans leur emploi, soit encore parce qu’ils étaient à la recherche de nouvelles aventures, de la liberté financière, etc. Découvertes marquantes Habituellement, je préfère être derrière la caméra pour interviewer mes interlocuteurs. Mais, récemment, j’ai dû me mettre face caméra pour présenter la rubrique « Vie Rurale ». J’ai entamé les premiers numéros avec la peur au ventre, me demandant si le rendu allait être potable. Bien que ce baptême de feu m’ait initialement inquiété, j’avoue que j’ai été séduite par le résultat final et je prends grand plaisir à présenter chaque numéro.  Mon séjour à Ténado, dans la province du Sanguié au Centre-Ouest du Burkina Faso, m’a profondément marqué. J’ai savouré leur célèbre poulet au soumbala accompagné du « tô » Gourounsi, tout en appréciant les paysages fascinants des périmètres maraichers situés le long de la Route Nationale 14. En sus de mes tournées pleines de découvertes à Ténado et dans les villages environnants, j’ai visité également des lieux atypiques dans d’autres localités. J’ai exploré aussi le Musée de la Femme de Kolgondiessé à Ziniaré, dans le Plateau-Central, les roches granitiques sacrées et multiformes de « BEKOTEG » à Ouessa dans le Sud-Ouest et le « Musée Da-Do » à Réo dans la région du Centre-Ouest.  L’aventure n’est pas toujours rose Souvent, cette joie d’explorer certaines zones s’estompe au regard du mauvais état de certaines routes. Le trajet que je risque de ne pas oublier de si tôt, c’est celui de Ouagadougou-Ouessa. En cours de route, le car a décidé de rendre l’âme, me laissant attendre plus de 3 heures sans possibilité de trouver une autre compagnie de transport, puisque c’était la seule qui pouvait me conduire directement à la destination finale, sans détour ce jour-là. Finalement, c’est la nuit que je suis arrivée à Ouessa. Au bout du compte, le numéro de « Vie Rurale » à Ouessa a permis aux internautes de découvrir les potentialités culturelles, agricoles et sociales de cette zone.  Et c’est toujours un plaisir pour moi de faire découvrir la vie en milieu rural. Yenntéma Priscille OUOBA