Face aux crises minières et au choc des sanctions passées, le Niger a trouvé son salut dans la terre. Plus de 5 milliards de kilogrammes de céréales produits par an et une explosion des cultures maraichères. Porté par une stratégie d’irrigation à grande échelle qui sécurise l’alimentation du pays, le gouvernement prépare désormais le passage à la transformation industrielle pour un secteur qui fait vivre 80 % de la population active.
Le mercredi 20 mai 2026, le Ministre de l’Économie et des Finances, Maman Laouali ABDOU RAFA, a dressé un bilan particulièrement optimiste du secteur agricole nigérien. Chiffres à l’appui, le grand virage vers l’irrigation s’impose désormais comme le véritable poumon de la résilience et de la transformation économique du pays.
La sécurité alimentaire nationale repose aujourd’hui sur des bases solides. La production céréalière moyenne de la nation atteint désormais des sommets, dépassant les 3,4 millions de tonnes pour le mil et oscillant autour de 1,7 million de tonnes pour le sorgho. Au total, ce sont plus de 5 milliards de kilogrammes de céréales qui sortent des terres nigériennes chaque année.
Au-delà des céréales traditionnelles, les aménagements hydro-agricoles ont provoqué un bond spectaculaire des cultures de contre-saison et des produits maraichers en seulement quelques années. Pour la tomate, la production a presque doublé pour passer de 382 000 tonnes en 2023 à 728 000 tonnes en 2025. Le chou enregistre une hausse robuste de 521 000 tonnes en 2022 à 687 000 tonnes en 2025. Le poivron et la pomme de terre atteint respectivement 372 000 tonnes et 423 000 tonnes. La production du manioc passe à 1,3 million de tonnes.
En plus, il y a l’émergence d’une production nationale de blé prometteuse, estimée à 200 000 tonnes, et la vitalité du secteur de l’élevage. Le cheptel bovin est ainsi passé de 17,1 millions de têtes à 20,3 millions de têtes, une tendance haussière également observée chez les ovins, les caprins et la volaille. « La grande irrigation est devenue un véritable game changer pour notre économie », s’est félicité le Ministre.
Pour l’exécutif, cette abondance de matières premières n’est qu’une première étape. L’objectif est maintenant de basculer vers la transformation industrielle locale, notamment pour le mil et le sorgho.
En définitive, ce virage stratégique vers le programme de la grande irrigation prouve que la résilience du Niger ne dépend plus uniquement de ses ressources extractives, soumises aux aléas géopolitiques et de marché. Le Programme Grande Irrigation (PGI) 2024-2027 cible l’aménagement de nouveaux périmètres et la réhabilitation de milliers d’hectares. Ces investissements visent à réduire la vulnérabilité de l’agriculture face à l’aridité.
Source : Agence Nigérienne de Presse
