Goulmou : Le Ministre SOMBIÉ à la rencontre des acteurs agricoles

AgribusinessTV 24 septembre 2025 1521 Aucun commentaire

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De la ferme avicole Faso Production à Fada N’Gourma, au périmètre rizicole de Dapotenga à Tibga, le Ministre d’État en charge de l’Agriculture, le Commandant Ismaël SOMBIÉ, a passé ce mardi 23 septembre 2025, une journée au cœur des réalités agricoles du Goulmou. Objectif : constater les acquis, écouter les producteurs et renforcer la dynamique d’autosuffisance alimentaire. Faso Production, un exemple de résilience La visite a débuté à la ferme avicole Faso Production, installée depuis 2009 sur un hectare. Avec ses 1 000 pondeuses et 650 poussins, l’exploitation affiche une production moyenne de 26 plaquettes d’œufs par jour. Une performance qui témoigne du dynamisme et de la résilience des petits entrepreneurs agricoles, malgré un contexte économique parfois difficile à contribuer à la souveraineté alimentaire du pays. Le promoteur de la ferme Seydou TRAORÉ, s’est réjoui de cette visite ministérielle. Sa principale doléance, il sollicite de l’aide pour l’écoulement de ses produits. Dapotenga : quand les femmes portent la riziculture Deuxième halte du Ministre : le bas-fond rizicole de Dapotenga, dans la commune de Tigba, aménagé en 2024. Sur une superficie de 35,5 hectares divisée en 294 parcelles, ce sont 242 femmes qui mènent la production. Cette saison, elles visent une récolte estimée à 124 tonnes de riz. Séduit par leur engagement, le ministre a promis d’équiper le site d’un forage. Un atout de taille pour diversifier les cultures et générer des revenus supplémentaires en saison sèche. Cap sur Tenkodogo : la SONAGESS muscle ses capacités La tournée s’est achevée à Tenkodogo, où le Ministre a remis les clés de deux nouveaux magasins de stockage, au centre de la SONAGESS. Ces infrastructures, financées dans le cadre du Projet de résilience des systèmes alimentaires (PRSA), portent à neuf le nombre total de magasins du centre, avec une capacité globale de 5 500 tonnes. De quoi renforcer la sécurité alimentaire dans la région et mieux préparer l’avenir. Un avenir qui se construit pas à pas De la ferme avicole de Faso Production au périmètre rizicole de Dapotenga, jusqu’aux nouveaux magasins de la SONAGESS à Tenkodogo, la journée du Ministre Ismaël SOMBIÉ, a illustrée toute la chaine agricole : produire, soutenir et préserver. Une tournée qui témoigne d’une même ambition : valoriser les efforts des producteurs et renforcer la sécurité alimentaire pour un Burkina plus résilient. Kiswendsida Clarisse TIEMTORÉ

Offensive Agricole 2025 : des perspectives prometteuses pour la campagne rizicole

AgribusinessTV 23 septembre 2025 505 Aucun commentaire

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Dans le cadre de sa mission de suivi de campagne agricole, le Ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, Ismaël SOMBIÉ, effectue une tournée pour toucher du doigt les réalités de la campagne agricole de la saison humide 2025-2026. Ce lundi 22 septembre 2025, il s’est rendu dans la région du Nazinon et du Nakambé respectivement à Bakago et à Patta. Globalement satisfaisante, cette campagne agricole augure d’une récolte fructueuse. Bakago, village situé dans la région du Nazinon, marque la première étape de cette tournée. Accueilli par les producteurs, la délégation ministérielle a pu voir des hommes et des femmes mobilisés et déterminés pour tirer profit de cette campagne agricole. Sur le site de Bakago, une particularité s’impose : sur les 125 producteurs à travailler d’arrache-pied, 123 sont des femmes, toutes réunies en coopérative. Leur engagement collectif et leur détermination forcent l’admiration. Pour ces femmes, la riziculture est bien plus qu’une activité agricole : elle représente une source de revenus, une autonomie retrouvée et un moyen de contribuer à la sécurité alimentaire du pays. 157,5 tonnes de riz sont attendues sur le site de Bakago Sur une superficie aménagée de 35 hectares, le site rizicole de Bakago affiche des prévisions encourageantes. Environ 4,5 tonnes de riz devraient être récoltées par hectare, soit une production totale estimée à 157,5 tonnes. Ces chiffres traduisent non seulement la fertilité du sol et la bonne santé des cultures, mais aussi l’ardeur et l’organisation des producteurs locaux. Pour ce qui est de l’écoulement des produits après récolte, les producteurs de Bakago se sont engagés à céder leur production à la Société nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (SONAGESS).  Le Ministre d’État Ismaël SOMBIÉ, en visitant les champs, n’a pas manqué de saluer les efforts de ces producteurs. Aussi, il les a encouragés à ne pas baisser les bras, mais à toujours travailler dans ce sens, afin d’atteindre de contribuer à l’atteinte de l’objectif commun qui est la souveraineté alimentaire. 160 tonnes de riz sont attendues sur le site de Patta Après la région du Nazinon, le cap est mis sur Patta, bas-fond rizicole situé dans la région du Nakambé. Dans la commune de Bagré, précisément au bas-fond rizicole, femmes et hommes travaillent ensemble sur un périmètre aménagé de 40 hectares subdivisé en 160 parcelles exploitées. Tout comme à Bakago, les producteurs de Patta mettent la même ardeur à la tâche. Ils ne veulent pas se faire conter cette campagne agricole qui jusqu’ici tient encore ses promesses. Ici, à Patta, la quasi-totalité des exploitants de ce site sont des productrices qui s’investissent avec énergie et persévérance pour nourrir leurs familles, assurer des revenus stables et contribuer à la sécurité alimentaire du pays. Leur engagement a été chaleureusement salué par le Ministre, qui a tenu à leur rendre hommage pour leur rôle déterminant dans cette campagne. Cette visite a aussi été l’occasion pour les femmes de partager leurs préoccupations et de formuler des doléances afin d’améliorer leurs conditions de travail. Le Ministre d’État s’est voulu rassurant, promettant d’être à leur écoute et de rechercher des solutions adaptées. Cette visite du Ministre SOMBIÉ a ainsi été l’occasion de réaffirmer l’importance de soutenir les producteurs, notamment les femmes, qui constituent l’épine de l’agriculture au Burkina Faso. Les perspectives de récolte dans le Nazinon, viennent renforcer l’espoir d’une campagne agricole réussie, au bénéfice des communautés locales et du pays tout entier. Kiswendsida Clarisse TIEMTORÉ

Le dessert sahélien

AgribusinessTV 18 décembre 2024 1178 Aucun commentaire

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Nous avons, presque tous, déjà goûté au moins une fois le « choukouya » de mouton. Cette viande marinée et cuite à l’étouffée, en papillote ou braisée et très souvent accompagnée d’un savoureux piment. Cependant, une question m’interpelle depuis longtemps : pourquoi le choukouya est parfois servi ou mijoté dans des emballages de ciment ? Un vendredi soir, après une semaine de travail bien remplie, j’ai voulu me faire plaisir avec un bon morceau de choukouya, le dessert sahélien. Quoi de plus normal pour le grand amateur de viande que je suis. L’occasion était belle, le chemin que j’empruntais passait par un lieu de vente que je n’avais pas encore eu l’occasion de visiter. Une découverte inattendue Arrivé sur place, l’odeur de la viande chatouillait déjà mes narines. Je commençais à imaginer mon régal du soir. « Bonsoir chef, s’il te plaît, sers-moi pour 3 000 F CFA. N’oublie pas mon goûter-voir. » Le vendeur s’empressa alors de choisir un bon morceau. Avant de le découper, il m’a offert un échantillon pour goûter, comme il en est de coutume dans ces lieux.  Alors que je savourais ces premiers morceaux, j’ai remarqué que le vendeur sortait un emballage de ciment de sous sa table. Il l’a tapoté pour en évacuer les résidus avant de préparer ma commande. Immédiatement, j’ai interrompu ce moment de plaisir gustatif. « Chef s’il te plaît, mets ça dans du papier alu », lui ai-je dis en lui tendant un paquet de papier aluminium qui était posé sur sa table. Une viande assaisonnée à la poussière de ciment Bien que le vendeur ait accepté ma demande sans hésiter, ma curiosité était piquée. « Chef, pourquoi servir ta viande dans des emballages de ciment ? » Sa réponse fut simple : « Parce que ça conserve mieux et c’est plus résistant. » « Les clients ne se plaignent-ils pas ? » « Certains préfèrent le papier alu, mais d’autres ne sont pas dérangés. »  Je l’ai remercié et j’ai pris congé de lui. Sur le chemin de la maison, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander pourquoi je n’avais jamais réfléchi à cela auparavant. Du choukouya de mouton servi dans du papier à ciment, j’en ai déjà acheté et mangé sans m’en soucier. Puis, la petite voix dans ma tête se fit entendre : « Continue, ce n’est pas ta première fois. » Je l’avoue, je n’en suis pas si fière. Vers une meilleure hygiène alimentaire Heureusement, il existe des grilladins qui font de l’hygiène leur compagnon. En plus de servir une viande succulente, ils accordent une grande importance à l’hygiène. Une prise de conscience collective naît donc autant chez les grilladins que chez les consommateurs. Encourageant ainsi de nombreux grilladins à abandonner les emballages de ciment au profit des emballages plus adaptés et plus hygiéniques. Yann Désiré OUÉDRAOGO

Apprendre à pêcher pour un avenir durable

AgribusinessTV 4 décembre 2024 497 Aucun commentaire

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Au Burkina Faso, de nombreux projets, programmes et Organisations Non Gouvernementales œuvrent pour le développement, en particulier dans le domaine agricole. Leur vision commune est de soutenir les efforts de croissance dans le secteur agricole et rural afin de lutter contre la vulnérabilité des couches sociales qui y vivent. De cette vision, découlent plusieurs actions que mènent ces structures de bonne foi. Chaque structure adopte une démarche adaptée à ses objectifs spécifiques, et c’est là que réside le véritable défi. Certains programmes, projets, offrent des aides financières, tandis que d’autre concentrent leurs actions sur des changements de comportements, des renforcements des capacités, et la création de groupements avec les acteurs des chaines de valeurs soutenues. L’échange avec monsieur X Je suis entrée en contact avec monsieur X, pour une interview, dans le cadre d’un projet qui l’avait accompagné pour développer son activité. Immédiatement, il m’a répondu en disant qu’il n’avait reçu aucune aide venant du projet en question. Ce qui m’a laissée perplexe. Sentant que nous n’étions pas sur la même longueur d’onde, j’ai alors changé la tournure de la discussion. De fil en aiguille, toutes les informations dont j’avais besoin venaient à moi de manière très authentique. Oui, très authentique. « Moi je n’ai rien reçu du projet, ils sont venus échanger avec nous, nous mettre en contact entre acteurs de la chaine de valeur, et avec les financiers. C’est juste cela », m’a-t-il confié. Convenez-vous avec moi qu’il a bien reçu de l’aide, mais sous une autre forme ? Ce qui m’a fait penser à un proverbe chinois qui dit « quand un homme a faim, il vaut mieux lui apprendre à pêcher que de lui donner du poisson ». La fondation du développement, c’est l’autonomie Il est important de comprendre que les organisations ne seront pas toujours là, à donner des millions. Le véritable enjeu est de savoir si l’aide reçue permet de construire une fondation solide pour l’avenir. D’où la nécessité d’une autonomisation réelle de nos entrepreneurs agricoles. C’est ce qui va permettre de lutter efficacement contre la précarité du secteur agropastoral. Il serait donc plus bénéfique de former les entrepreneurs à devenir autonomes, à développer leurs propres compétences afin qu’ils soient plus enclins à gérer leurs entreprises sur de long terme. Parce que l’aide ponctuelle pourrait tout simplement avoir des effets éphémères. Est-ce vraiment ce que nous voulons ? Aïcha SAWADOGO

De l’engrais naturel à moindre coût

AgribusinessTV 13 novembre 2024 626 Aucun commentaire

Et si chaque ménage qui possède un jardin potager à domicile fabriquait son propre engrais naturel ? Tout ce que nous utilisons à la maison peut nous servir d’engrais pour entretenir les plantes de nos jardins. Les coquilles d’œufs, les épluchures de légumes, les résidus de thé, peuvent devenir un excellent engrais, bien plus sain que les engrais chimiques qui nous tuent à petit feu. Récemment, lors de l’un de mes tournages, j’ai été surprise par l’espace aménagé de notre hôte. Elle fabrique son propre engrais naturel à partir de produits qu’elle utilise au quotidien pour sa cuisine. L’histoire d’une intoxication alimentaire D’abord, j’ai cru voir un tas d’ordures au milieu de son jardin. Je lui ai demandé pourquoi elle en a entassé autant au milieu d’un si beau jardin. Avec un léger sourire, elle m’a répondu que c’était plutôt l’engrais qu’elle a fabriqué à partir d’ordures ménagères pour entretenir son jardin. Curieuse, j’ai voulu en savoir plus. Sans langue de bois, elle m’a raconté son histoire. « La dernière fois que je me suis procurée de l’engrais chimique pour mon jardin, ça a failli mal tourner pour toute ma famille et moi », regrette-t-elle, encore marquée par l’incident. « Rien qu’à y penser me redonne la chair de poule. J’ai acheté cet engrais au marché. On m’avait garanti sa qualité et son efficacité. C’est donc, tout naturellement que je l’ai utilisé sur ma salade en son temps. Après avoir consommé cette salade, toute la famille a fait une intoxication alimentaire. Nous avons séjourné durant trois jours à l’hôpital. Grâce aux analyses médicales, nous avons su que c’était dû à un produit chimique », a-t-elle détaillé. Des déchets ménagers transformés en engrais naturels C’est cet épisode sombre qui l’a poussée à mettre une croix sur les engrais chimiques et à chercher des solutions naturelles pour enrichir son sol. Dans leur maison, rien ne se perd, tout se transforme, pour ainsi s’inspirer de la formule de Lavoisier. Les peaux d’oignons, de tomates, les résidus de thé, les coquilles des œufs, tout est collecté, transformé et réutilisé dans la production.   L’histoire de cette dame montre qu’on n’a pas besoin de débourser des sommes folles pour se procurer des produits qui peuvent nous faire plus de mal que de bien. Le jardin de notre hôte est un vrai modèle de réussite : ses salades étaient magnifiques, bien vertes et touffues. Personnellement, cette histoire m’a beaucoup touchée. J’en ai pris de la graine. Et j’espère qu’après avoir lu ces quelques lignes, chacun de vous sera inspiré à faire de même.  Patricia COULIBALY

Quand le gain prime sur la santé des populations

AgribusinessTV 6 novembre 2024 549 Aucun commentaire

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Pour la énième fois, des produits alimentaires sont saisis au Burkina Faso. Que ce soit des produits périmés, avariés, interdits, contrefaits, la situation ne cesse de se répéter. Combien de fois faudra-t-il encore que des produits dangereux se retrouvent sur le marché ? Jusqu’à quand allons-nous continuer dans cette situation ? Avec ton propre argent, tu pourrais acheter des aliments qui, à long terme, peuvent te tuer à petit feu. Des saisis, mais le phénomène persiste La Direction régionale de l’Agriculture, des Ressources Animales et Halieutiques du Sahel a intercepté, le 23 octobre 2024, un camion transportant diverses marchandises. Lors du contrôle, vingt-cinq cartons contenant quinze mille œufs ont été découverts. Jugée impropre à la consommation, la cargaison a été saisie et détruite. Cette saisie s’inscrit dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la grippe aviaire au Burkina Faso, conformément à l’arrêté interministériel N° 2015/03/MRA/MICA/MEF du 05 février 2015 portant interdiction provisoire d’importation, de distribution, et de commercialisation, de volailles, des produits aviaires et de leurs dérivés en provenance des pays touchés par les virus aviaires H5N1 et H5N8. Ce n’est pas la première fois que les œufs entrent de façon frauduleuse. Selon une étude de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et l’Organisation mondiale de la santé, les œufs pondus durant la phase précoce de la maladie pourraient renfermer des virus, ainsi que sur la coquille. Les œufs provenant des zones touchées par des foyers de grippe aviaire ne doivent donc pas être consommés crus ou partiellement cuits. Des saisies grâce à la vigilance des citoyens Le jeudi 8 août 2024, la Police municipale de Ouagadougou a saisi environ quatre tonnes de lait périmé, après qu’un consommateur ait signalé l’achat du lait périmé. Et ce n’est pas tout ! En juillet 2024, l’Agence Burkinabè de Normalisation, de la Métrologie et de la Qualité (ABNORM) a saisi 75 tonnes de riz dans un quartier de Ouagadougou, lors d’un contrôle. Des échantillons de riz prélevés ont révélé que le produit était stocké dans de mauvaises conditions, exposé à la poussière et à l’humidité. Ce qui rend les produits impropres à la consommation. La liste des saisies ne s’arrête pas à ces exemples. En août 2023, la gendarmerie a démantelé des réseaux de contrebande de poulets congelés impropres à la consommation. Au total, 1 000 poulets congelés, 15 cartons de saucisses de poulet et 35 kilogrammes de gésiers ont été saisis. Malgré les sensibilisations et la répression, la contrebande de poulets congelés et d’autres denrées alimentaires se poursuivent, sans relâche. De gros efforts sont faits pour éradiquer ces pratiques qui mettent en danger la vie des populations. Mais, certains produits échappent aux contrôles et se retrouvent dans nos assiettes. Par ces périodes de fêtes de fin d’année qui s’annoncent, soyons plus vigilants ! Yenntéma Priscille OUOBA

Les agriculteurs peuvent mieux exploiter les réseaux sociaux

AgribusinessTV 23 octobre 2024 637 Aucun commentaire

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N’est-il pas temps pour nos producteurs agricoles et artisans de s’approprier les médias sociaux pour mieux promouvoir leurs activités ?  Lors de ma rencontre avec un artisan, j’ai été à la fois émerveillée et contente de découvrir son savoir-faire. Malgré la beauté de ses œuvres, il m’a fait savoir qu’il ne trouvait pas d’acheteurs. De nos échanges, j’ai réalisé que son problème réside en partie dans la visibilité de ses œuvres.  D’habitude, j’aime apprendre des autres, mais ce jour-là, j’ai pris un plaisir particulier à partager mes connaissances. Le scepticisme envers les médias sociaux Pendant que nous discutions, je lui ai demandé s’il utilisait les réseaux sociaux. « Non », m’a-t-il répondu en exprimant sa méfiance envers ces outils numériques. Malgré son scepticisme, j’ai tout de même essayé de lui expliquer les avantages des réseaux sociaux pour les entrepreneurs, surtout dans ce village planétaire où l’information circule rapidement. J’ai vu mon interlocuteur s’intéresser à mon speech.  « Comment cela est-il possible madame ? », m’a-t-il demandé, l’air ému. Les opportunités d’un village planétaire Je lui ai expliqué que les technologies de l’information et de la communication ont effacé les frontières et le monde est devenu un village planétaire, comme l’a dit Marshall McLuhan. Cette connectivité offre d’innombrables possibilités pour le commerce et la promotion des savoir-faire. Je lui ai également fait comprendre qu’il pouvait vendre facilement ses œuvres aux clients, sans intermédiaire.  En créant par exemple une page Facebook, il pourrait publier des photos de ses œuvres et expédier des commandes. Après nos échanges, il a compris que les technologies ne sont pas forcément un ennemi, mais des outils de valorisation et de promotion du savoir-faire. Former les entrepreneurs aux outils numériques Ils sont nombreux ces entrepreneurs qui partagent ce scepticisme face aux réseaux sociaux, qui regorgent pourtant d’énormes potentiels. Lors de mes reportages, j’ai rencontré des entrepreneurs agricoles qui ont su saisir les opportunités qu’offrent ces outils. J’ai également vu certains qui ne s’y intéressent pas ou qui ne veulent pas en entendre parler. Au-delà du scepticisme s’ajoute la méconnaissance de ces plateformes. Il est important d’organiser des ateliers de sensibilisation et de formation pour familiariser les entrepreneurs sur l’utilisation des plateformes numériques.  Les projets de développement qui les accompagnent dans le démarrage ou le développement de leurs activités doivent davantage insister sur ce volet. C’est bien d’avoir des produits de qualité, mais encore mieux de pouvoir les commercialiser.  À travers des contenus pertinents, les réseaux sociaux sont une bonne option à explorer. Car, c’est le produit le plus visible qui s’achète. Aïcha SAWADOGO

« Madame, je vous adore. »

AgribusinessTV 9 octobre 2024 859 Aucun commentaire

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En tant que Journaliste Reporter d’Images (JRI), j’ai récemment effectué un déplacement à Koudougou pour une tournée agricole. Je vous raconte brièvement ce qui m’a marquée lors de ce tournage. Le journalisme est un métier fascinant où il faut toujours être prêt à aller à la pêche de l’information. En fin de semaine dernière, je devais aller d’urgence à Koudougou pour une activité en tant que Journaliste Reporter d’Images. C’était une tournée agricole dans des fermes. Après avoir vérifié que mon matériel de travail était au complet, me voici embarquée dans un véhicule pour la Cité du Cavalier Rouge. À travers les vitres, j’admire les paysages des champs de maïs, de mil et de sorgho qui défilaient sous mes yeux. Après plus de deux heures de trajet, le véhicule s’est immobilisé. Nous sommes à Koudougou, avec mon sac au dos et mes caméras qui m’accompagnaient. En déployant mon « arsenal » de travail, je me suis rapidement rendue compte que des regards se posaient sur mon équipement. Je suis restée concentrée sur ma tâche. Quand j’ai fini les réglages nécessaires des caméras, me voici courir d’un point à un autre pour les prises d’images, sous un soleil qui descend du ciel comme une pluie de feu.  Alors que je cherchais un nouvel angle pour éviter de surexposer mes images, un homme s’est approché de moi, les yeux plein de curiosité et d’enthousiasme. Et avec un large sourire, il me dit : « Madame, je vous adore. » La puissance des mots Sur le moment, j’ai été prise de court et restée sans voix.  Il a ensuite ajouté : « Félicitations ! C’est rare de voir une femme avec sa caméra, courir entre les plants pour réaliser son travail. Bravo. »  Au Burkina Faso et en Afrique, il y a de nombreuses Journalistes Reporters d’Images talentueuses. Entendre ces mots, pour moi, c’était plus que des compliments. Cela m’a davantage motivée à travailler en tant que JRI. C’était une forme de confirmation de ma place en temps que femme dans un domaine où l’on ne s’attend pas forcément à toujours nous voir, nous les femmes. D’ailleurs, si j’ai opté de travailler à Agribusiness TV, c’est aussi parce que cette web télé cultive le genre en son sein et croit au potentiel de la femme.  Les propos de cet homme m’ont galvanisée, car je les ai considérés comme un encouragement et une interpellation à continuer sur la voie que j’ai choisie. Aïcha SAWADOGO

La nécessité d’un potager à domicile

AgribusinessTV 25 septembre 2024 756 Aucun commentaire

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Je me rappelle d’un tragique évènement survenu le 09 septembre 2019, où cinq personnes d’une même famille sont décédées d’une intoxication alimentaire dans le village de  Nayamtenga, dans la région du Centre-Est du Burkina Faso. À l’époque, la ministre de la Santé, Claudine LOUGUÉ avait invité la population à suivre scrupuleusement les recommandations sur l’utilisation des pesticides. Malheureusement, des situations similaires sont fréquentes avec des conséquences toujours dramatiques. Et Dieu seul sait le nombre de personnes qui ont succombé à cause de ces mauvaises pratiques agricoles sans que cela ne soit connu. Étant donné qu’on ne peut jamais être sûr des conditions de culture de nos aliments, je pense qu’il est temps, pour les personnes qui n’en ont pas encore, de créer   des potagers à domicile. Préserver notre santé Une concession, un potager, est-ce possible ? Absolument. Dans un contexte où l’utilisation incontrôlée des produits toxiques prend de l’ampleur, l’agriculture urbaine à travers les potagers, par exemple, est une solution pour préserver notre santé.  L’agriculture urbaine est l’ensemble des pratiques agricoles réalisées en ville. Elle peut être pratiquée à travers la mise en place de jardins, de potagers, de fermes urbaines, des cultures hors-sols. Il est de plus en plus fréquent de voir des personnes s’adonner à cette pratique agricole pour diverses raisons, surtout face aux dangers que nous rencontrons avec certains produits présents sur le marché. Consommer des produits frais et sains Avoir un potager à domicile est aujourd’hui plus qu’une option, c’est une nécessité. Avec un potager, vous pouvez récolter vos propres légumes frais comme des salades, des tomates, des concombres, directement chez vous à domicile. N’est-ce pas mieux ainsi afin de contrôler le menu de son assiette ? Marie-Jeanne ZOUNGRANA a vécu une mauvaise expérience avec de la salade achetée au marché. Elle a alors pris l’engagement de ne plus acheter de produits frais sur le marché.  Mais d’en produire à domicile. Son témoignage : « J’ai acheté la salade. Quand j’ai mis dans l’eau, le temps que ça se désinfecte, je suis rentrée trouver que c’est comme si, on a chauffé de l’eau chaude et verser là-dessus. C’est ce qui m’a poussé à faire le jardinage à domicile. Et, à un moment donné, pour avoir le persil sur la place du marché, c’est vraiment de l’or ». Elle profite désormais de légumes frais et sains chaque fois qu’elle le souhaite. Un bel exemple à encourager et à imiter. Alors, qu’attendez-vous pour faire comme Marie-Jeanne ZOUNGRANA ? Initiez un potager à domicile, vous avez beaucoup à gagner. Aïcha SAWADOGO

Les souvenirs culinaires de mon enfance

AgribusinessTV 18 septembre 2024 729 Aucun commentaire

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Quand la saison des pluies arrive, le senna tora (appelé katre nanguri en mooré et krikri en dioula) pousse en abondance. Il est l’ingrédient principal pour cuisiner le célèbre « kalambayari », un savoureux plat traditionnel des Gourmantché. Vous avez certainement deviné juste, je viens de la région de l’Est du Burkina Faso.   Le « kalambayari » est en effet un mélange de couscous de petit mil et de feuilles de senna tora, une plante que vous connaissez certainement sans peut-être savoir que tel est son nom en français. Quand j’étais enfant, j’aimais la saison des pluies car c’est la période à laquelle cette plante sauvage pousse en abondance. Nous allions la cueillir dans les champs, autour des concessions ou aux abords des bas-fonds. Aujourd’hui, le « kalambayari » se prépare aussi avec d’autres types de feuilles, comme du niébé, et des céréales comme le maïs ou le riz. Les providences de la saison des pluies J’ai passé mon enfance à cheval entre le village et la ville. J’aimais particulièrement la saison des pluies, car c’est durant cette période de l’année que les menus changent le plus au village. Les sauces de baobab sec, de gombo sec, de corète sèche, communément appelée « boulvanka » en mooré laissent place à des sauces préparées à base de feuilles fraîches. On retrouve alors des sauces à base d’oseille, d’amarante, de gombo frais, de corète fraîche, de baobab frais, de feuilles de niébé, de feuilles d’aubergine sauvage.  Cette période de l’année est une fête pour les papilles. Et, j’en profitais pleinement en tant que grande amoureuse des sauces faites à base de feuilles fraîches. Surtout la sauce d’oseille et de corète fraîche. C’est sans oublier le « babenda », une parfaite mixture de feuilles avec juste un peu de céréales.  Aujourd’hui, grâce aux aménagements hydrauliques, il existe de nombreux jardins dans les villages. Cela favorise la production maraîchère en saison sèche, rendant ainsi disponible les feuilles fraîches à tout moment. La vie au village est encore plus belle pendant les récoltes La vie au village devient encore plus festive vers la fin des pluies, car c’est généralement le début des récoltes de maïs.  Le soir, après les travaux champêtres et ménagères, place à ce que nous appelons « l’instant maïs grillé ». Ce moment se déroulait après le dîner.  Je dirai même que c’était souvent notre désert à nous ! Si par coup de chance il en reste quelques épis de maïs, nous déjeunions avec du « maïs bouilli » le lendemain. Quand j’y pense, je me dis que si voyager dans le passé était possible, je n’aurais pas hésité à le faire ! Yenntéma Priscille OUOBA