La Société burkinabè de tomates (SOBTO) a annoncé un prix d’achat de la tomate fraîche fixé à 125 FCFA le kilogramme pour la période du 9 au 14 mars 2026. L’objectif est clair : sécuriser l’approvisionnement de l’usine et donner un repère aux producteurs.
Mais une question mérite d’être posée : ce prix est-il réellement le résultat d’un équilibre entre les différents acteurs de la filière ?
Dans la pratique, lorsqu’un transformateur fixe seul le prix d’achat d’un produit aussi périssable que la tomate, les producteurs ont peu de marge de manœuvre. Une tomate mûre n’attend pas. Faute de débouchés alternatifs immédiats, beaucoup de producteurs n’ont souvent d’autre choix que d’accepter le prix annoncé.
Cela pose aussi la question du dialogue au sein de la filière. Dans plusieurs secteurs agricoles, les prix sont discutés entre producteurs, transformateurs et parfois les pouvoirs publics. Ces échanges permettent de confronter les réalités du terrain : coûts de production, risques climatiques, transport, main-d’œuvre.
Car au fond, le problème ne se limite pas au niveau du prix. Même si le montant fixé peut sembler correct, le fait qu’il ne découle pas d’une concertation fragilise la filière. Lorsqu’un prix est discuté et compris par tous les acteurs, chacun se sent davantage engagé dans sa réussite.
Une culture de la concertation responsabilise les producteurs, sécurise les transformateurs et protège l’ensemble de la chaîne de valeur.
Autre détail qui interpelle : toutes les variétés et tous les calibres sont acceptés au même prix. Si cela facilite l’écoulement de la production, cela peut aussi décourager les efforts de qualité.
La transformation locale de la tomate est une ambition importante pour l’agriculture burkinabè. Mais pour qu’elle tienne dans la durée, la filière devra avancer avec une idée simple : une industrie forte repose toujours sur des producteurs économiquement solides… et sur un dialogue permanent entre les acteurs.
Inoussa Maiga
Directeur
Agribusiness TV
