L’IITA inaugure en Zambie le premier centre africain de sélection accélérée du soja

AgribusinessTV 16 avril 2026 2489 Aucun commentaire

image

Au début de ce mois d’avril, on a constaté sur les réseaux sociaux, une onde de choc concernant la filière manioc en Côte d’Ivoire. En effet, le Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Productions Vivrières a confirmé en mars, la présence d’une souche ultra-agressive du virus de la mosaïque du manioc dans l’ouest du pays. 

L’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) a franchi une nouvelle étape dans la recherche agricole en Afrique avec l’inauguration, en Zambie, du premier centre de sélection accélérée du soja en Afrique subsaharienne. L’ouverture de cette infrastructure marque une avancée importante dans les efforts visant à accélérer l’innovation autour du soja, une culture devenue stratégique pour les systèmes alimentaires, l’agro-industrie et les économies rurales de la région.

Cette installation, inaugurée le 30 mars 2026, est la première du genre en Afrique subsaharienne pour le soja. Elle est également la deuxième sur le continent, après une structure similaire implantée au Maroc, mais cette dernière est consacrée au blé et à l’orge. Le centre zambien se distingue donc par sa spécialisation dans le soja ainsi que dans d’autres cultures tropicales, comme le niébé, ce qui le rend particulièrement adapté aux priorités agricoles de l’Afrique subsaharienne.

L’une des principales avancées apportées par ce centre réside dans la réduction du temps nécessaire au développement de nouvelles variétés de soja. Grâce à la technique de sélection accélérée, les chercheurs pourront désormais passer de six à huit ans à seulement quatre à cinq ans pour mettre au point de nouvelles semences. Cette méthode repose sur l’optimisation des conditions de croissance des plantes, notamment la lumière, la température et l’humidité, afin de produire plusieurs générations de cultures en une seule année.

Le soja occupe aujourd’hui une place de plus en plus importante dans l’agriculture d’Afrique subsaharienne. Il intervient à la fois dans l’alimentation humaine, avec des produits comme l’huile et le lait de soja, dans l’alimentation animale, notamment pour la filière avicole, ainsi que dans plusieurs industries agroalimentaires. En plus de son rôle nutritionnel, cette culture constitue un moteur économique pour de nombreux ménages ruraux, en générant des revenus, en soutenant les moyens de subsistance et en contribuant au développement des chaînes de valeur agricole.

Personnel de recherche de l’IITA Zambie vérifiant des plants de soja dans l’installation de sélection.

Avec ce nouveau centre, l’IITA espère accroître le nombre de variétés de soja améliorées disponibles dans la région. L’objectif est de développer des semences à haut rendement, précoces ou à maturité intermédiaire, capables de mieux résister aux aléas climatiques ainsi qu’aux maladies qui affectent fortement la production. Parmi les menaces les plus importantes figure la rouille du soja, une maladie qui peut entraîner d’importantes pertes de rendement.

Dans plusieurs pays d’Afrique australe, les petits exploitants agricoles sont particulièrement exposés à ce type de difficultés. En plus du manque d’accès à l’innovation, ils doivent faire face aux ravageurs, aux maladies et à des coûts de production élevée. Pour beaucoup d’entre eux, les fongicides restent trop chers et les connaissances techniques nécessaires pour lutter efficacement contre certaines maladies sont limitées. Dans ce contexte, la mise au point de variétés plus résistantes apparaît comme une réponse essentielle pour améliorer durablement la productivité et sécuriser les récoltes.

Lors de l’inauguration, le directeur de l’agriculture de la Zambie, Chizumbna SHEPANDE, a salué l’importance de cet investissement pour l’avenir du secteur : « Cette installation renforce notre capacité à répondre à la demande mondiale croissante de soja, notamment compte tenu de l’évolution de la dynamique des marchés internationaux. »

En effet, cette installation s’inscrit dans le cadre de l’objectif fixé par la Zambie de produire un million de tonnes de soja d’ici 2030. Pour atteindre ce cap, le pays devra s’appuyer sur des variétés à haut rendement et sur des systèmes semenciers plus efficaces.

Au-delà de la recherche scientifique, le centre devrait notamment soutenir les universités, les systèmes nationaux de recherche et les réseaux régionaux de sélection variétale, à l’image du Réseau d’amélioration du soja appuyé par la Fondation Gates.

Avec cette inauguration, l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) pose ainsi un jalon important dans la modernisation de la recherche agricole sur le continent. Cette avancée ouvre de nouvelles perspectives pour la filière soja, en faveur de la sécurité alimentaire, des revenus des producteurs et du développement de l’agro-industrie.

Source : Institut international d’agriculture tropicale

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *