Tremplin : Formation, débriefing, reboisement et 10 candidats de moins
Des salles de formation au bosquet communal de Koupéla, les 30 entrepreneurs en
compétition ont mesuré le chemin qui sépare l’activité informelle de la véritable
entreprise. À l’issue de délibérations serrées, seuls 20 d’entre eux poursuivent l’aventure,
plus déterminés que jamais à structurer leur avenir.
Fiscalité et formalisation : déconstruire les idées reçues
Nos 30 entrepreneurs se sont retrouvés en salle pour une session de renforcement de
capacités sur la fiscalité, la formalisation et le financement. L’objectif était de lever les
appréhensions qui freinent souvent le passage de l’informel au formel. Barnabé
NACOULMA, conseiller au Centre de Formalités des Entreprises (CEFORE), a rappelé qu’une
formalisation de base ne dépasse pas 6 000 FCFA par an pour une entreprise individuelle au
démarrage. Il a comparé la création d’entreprise à la naissance d’un enfant : « Quand vous
avez votre enfant, vous allez tout d’abord chercher à faire son extrait de naissance et par la
suite, les autres documents. C’est la même chose pour une entreprise. »

Cette précision a fait tomber plusieurs blocages. Ibrahim ZOUGMORÉ, voyait en la fiscalité
un piège. Ces échanges lui ont permis d’avoir une autre perception des impôts. Pour Raogo
Marc OUÉDRAOGO, candidat venu de Zorgho, cette session est la preuve que l’éducation
financière est la clé. « Au début, quand tu les écoutes, tu penses qu’ils vont te prendre des
millions de FCFA. Mais en fin de compte, tu te dis que c’était quelque chose de très simple. »
a-t-il laissé entendre.
Koupéla, 100 arbres plantés pour la communauté

En marge des évaluations, les entrepreneurs ont participé à une campagne de reboisement
au bosquet communal de Koupéla. Guidés par les agents des Eaux et Forêts, ils ont mis en
terre 100 plants d’espèces locales adaptées, telles que le baobab, le néré et l’acacia. Désiré
LOFO, représentant du Président de la Délégation Spéciale (PDS) de Koupéla, a salué ce
geste en comparant un arbre à un enfant qu’il faut entretenir pour qu’il puisse grandir. Sur
le terrain, l’enthousiasme était palpable, à l’image de Kadder DIANDA, candidat de
Pouytenga, qui a planté six arbres à lui seul en rappelant que « lorsqu’une personne plante
un arbre avant de mourir, c’est qu’elle a vécu utile ». En posant ces jeunes pousses en terre,
les candidats ont prouvé que la véritable réussite d’un entrepreneur ne se calcule pas
seulement en chiffre d’affaires, mais aussi à la valeur durable qu’il crée pour la société et les
générations futures.
Débriefings, les coachs ne font pas de cadeaux
Passant tour à tour devant le jury, les candidats ont pu faire le bilan de leur travail. Rosine
SAWADOGO a présenté son utilisation de l’application « Compta Simplifiée ». Assana
BOSSIMBORGO a été félicitée par la coach KOTRIABIÉ pour la propreté de ses outils de
gestion et son innovation dans le traitement du « Koko Dunda » sur pagne tissé. Cathérine
GUIATIN a, quant à elle, impressionné par sa résilience. Elle a reconstruit son hangar
quelques jours seulement après sa destruction par une intempérie.
Le débriefing a aussi servi à cadrer les manquements observés sur le terrain. Interrogée sur
la rupture de stock dans son poulailler, Viviane KOUDOUGOU s’est vu rappeler les règles de
gestion par le coach SANON : « Quand on est arrivé chez vous, on a trouvé que votre travail
ne reflétait pas trop ce que vous dites dehors. Pour un entrepreneur, il ne faut pas être en
rupture de stock. »
Le verdict, 20 candidats qualifiés
Au terme des délibérations, l’annonce des résultats a fait passer le groupe de 30 à 20
candidats. Viviane KOUDOUGOU, retenue malgré ses craintes, a partagé son soulagement :
« Je me suis dit que c’était fini pour moi. Mais Dieu faisant bien les choses, le coach m’a
encore retenue. » Pour Wend-Toingna BALBONÉ, la qualification s’accompagne d’une prise
de responsabilité. « Je mettrai le paquet pour corriger les erreurs qu’ils m’ont reprochées,
afin que cela ne me pénalise pas pour la suite du programme. » s’est-il exprimé. Si l’émotion
était vive pour les dix entrepreneurs quittant l’aventure, tous repartent la tête haute,
fortifiés par les enseignements reçus et déterminés à faire grandir leurs entreprises sur le
terrain. La compétition franchit désormais un nouveau cap pour les vingt sélectionnés, qui
s’apprêtent à affronter des défis encore plus exigeants pour la suite du programme.