Riz : Huit nouvelles variétés issues de la science nucléaire
Huit nouvelles variétés de riz, plus productives et à cycle plus court, ont été développées au Burkina Faso par des équipes de l’Université Joseph Ki-Zerbo (UJKZ) et de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA), sous la conduite du Pr Imaël Henri Nestor BASSOLE. Elles ont été obtenues avec l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et de la FAO, dans le cadre de l’initiative Atoms4Food.

Un enjeu de souveraineté alimentaire
Selon l’AIEA, la consommation de riz a doublé au Burkina Faso en dix ans, et le pays importe environ la moitié de ses besoins. Le renforcement de la production nationale est devenu une priorité. Le 29 avril 2026, le Gouvernement a suspendu temporairement les importations de riz pour favoriser l’écoulement de la production locale, après une hausse d’environ 49 % de la production en 2025, portée notamment par l’Offensive agropastorale.
Des rendements de 9 à 11 tonnes à l’hectare
Les huit variétés affichent des rendements annoncés de 9 à 11 tonnes à l’hectare et mûrissent en 95 à 106 jours. Les variétés de référence du catalogue national produisent généralement 4 à 6 tonnes à l’hectare, avec un cycle plus long. À Banzon, une variété a atteint 11,76 tonnes à l’hectare sur une parcelle de démonstration, selon l’AIEA. Ces performances restent à confirmer dans les différentes conditions de production.
Les chercheurs ont aussi tenu compte des goûts des consommateurs : deux variétés ont de plus gros grains, deux sont plus riches en amidon résistant et une est plus collante.

La sélection par mutation, une technique sans risque pour le consommateur
Les travaux reposent sur la sélection par mutation induite. Des rayonnements provoquent des variations génétiques, que les chercheurs évaluent puis sélectionnent selon les caractères recherchés. Cette méthode ne rend pas le riz radioactif. Elle élargit la diversité génétique disponible pour créer de nouvelles lignées.
Du laboratoire aux plaines rizicoles
Avant d’arriver aux producteurs, une lignée doit être testée en conditions locales, évaluée puis enregistrée officiellement. En juin 2025, huit des onze lignées mutantes avancées ont été inscrites au Catalogue national des espèces et variétés végétales. Des parcelles de démonstration ont été aménagées à Bama et à Banzon. La collaboration AIEA-FAO a aussi soutenu l’enregistrement des variétés et la création de futures générations de riz amélioré. Une première mission conjointe d’évaluation Atoms4Food, en mai 2025, a défini les priorités de la phase suivante.
Le défi : Les semences et l’accès des producteurs
Le principal défi est désormais de produire des semences certifiées en quantité suffisante et de les rendre accessibles aux riziculteurs. L’adoption des variétés suppose un encadrement technique adapté et un suivi de leurs performances selon les conditions agroécologiques.
En associant expertise nationale et techniques nucléaires, l’UJKZ et l’INERA ouvrent la voie à une production rizicole plus forte, à de meilleurs revenus pour les producteurs et à une moindre dépendance aux importations.
Source : Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)