Une avancé dans la lutte contre le paludisme et la dengue au Burkina Faso
Des chercheurs burkinabè ont mis au point un bio-insecticide à base de feuilles de Calotropis procera, une plante locale connue sous le nom de « Poussum Pouga » en mooré. Présentée le jeudi 8 octobre 2026 à Ziniaré, cette innovation entend contribuer à la lutte contre les moustiques vecteurs du paludisme et de la dengue, deux maladies qui représentent un enjeu majeur de santé publique au Burkina Faso.
Développé par l’Université Joseph Ki-Zerbo, à travers le Laboratoire de développement du médicament (LADME), le produit permet d’éliminer entre 80 et 90 % des larves de moustiques ciblées, selon les résultats du projet présentés le jeudi 8 octobre 2026 à Ziniaré, dans le Plateau central.
Pendant environ trois ans et demi, les travaux ont porté sur l’évaluation de l’activité larvicide des extraits de la plante contre Aedes aegypti et Anopheles gambiae s.l., les principaux vecteurs de la dengue et du paludisme. L’équipe a également procédé à la caractérisation phytochimique des extraits, avant de développer une formulation de bio-insecticide sous forme de comprimés matriciels.
Les résultats ont été présentés lors d’un atelier de restitution et de clôture organisé les 8 et 9 octobre 2026 à Ziniaré. Présentée comme une innovation « made in Burkina », cette solution repose sur l’expertise de chercheurs burkinabè et sur l’utilisation de matières premières disponibles localement.
Toutefois, des études complémentaires restent nécessaires pour évaluer l’efficacité du produit dans les conditions réelles d’utilisation et confirmer son innocuité pour la santé humaine et l’environnement.
Financé par le Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche (FOSER), anciennement Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (FONRID), le projet ouvre des perspectives pour la valorisation de la recherche scientifique nationale.
L’enjeu est désormais de poursuivre les recherches, de faciliter la production du bio-insecticide à grande échelle et de le rendre accessible à la population à un coût abordable. Les chercheurs ont ainsi sollicité l’appui des autorités pour accompagner sa fabrication et sa valorisation.
Source : Bf1, le faso.net