Campagne agropastorale 2026-2027 : Le ministre Ismaël SOMBIE sur le terrain
Les 9 et 10 octobre 2026, le Ministre d’État, Ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël SOMBIE, a enchaîné des visites à Ziniaré, Loumbila, Bobo-Dioulasso, Guénako.
Ziniaré : Un abattoir moderne attendu pour fin 2026
Le vendredi 9 octobre, le ministre a visité le chantier de l’abattoir moderne de Ziniaré, dans la région de l’Oubri. D’un coût global estimé à plus de deux milliards de FCFA, cette infrastructure vise à renforcer la filière bétail-viande, à améliorer les conditions d’abattage et à valoriser les produits et sous-produits animaux, dans un contexte marqué par la décision d’interdire l’exportation du bétail sur pied.

L’abattoir aura une capacité de 50 bovins et 100 petits ruminants par jour. Il comprendra aussi un système de traitement des eaux usées, une lagune, une zone pour bio digesteur, des installations de traitement des déchets et un champ solaire. La visite a permis de faire le point des travaux et d’évaluer les ouvrages restants, en distinguant ceux couverts par le financement actuel de ceux qui pourraient nécessiter des ressources complémentaires. Le ministre a instruit les responsables d’accélérer l’achèvement du chantier et annoncé son retour sur le site à la fin de l’année 2026 pour la mise en service.
Serval Aqua Gold : la production d’alevin une priorité de la filière piscicole
Ensuite, le ministre a poursuivi sa visite à Nabdogo, dans la commune de Loumbila, région de l’Oubri, à l’exploitation Serval Aqua Gold du promoteur Jean Marie KAFANDO. Cette ferme de 4,5 hectares est spécialisée dans la production d’alevins, sans activité de grossissement. Avec deux écloseries pour tilapia et silure, des bassins de géniteurs et des techno bassins, sa capacité atteint 160 000 alevins par mois, dont 100 000 de tilapia et 60 000 de silure. Ils approvisionnent des pisciculteurs de tout le pays, notamment des exploitants de cages flottantes.
Le promoteur, président du Réseau national des alevineurs du Burkina Faso, plaide pour des semences piscicoles certifiées et traçables. L’exploitation a bénéficié d’une campagne de vaccination des géniteurs en 2025, sur l’accompagnement de la Direction générale des services vétérinaires. Pour cette étape, le ministre a insisté sur la qualité sanitaire et la traçabilité des alevins.
Bobo-Dioulasso : l’eau potable, « un droit, pas un luxe »

Le samedi 10 octobre à Bobo-Dioulasso, le ministre a lancé les travaux d’infrastructures hydrauliques destinés à desservir les secteurs 17, 18, 26 et 27, où la demande dépasse les capacités du réseau. Le projet comprend une station de pompage de 300 m³ par heure, un château d’eau de 2 000 m³ et environ 7 000 mètres linéaires de conduites. Il doit améliorer l’accès à l’eau potable pour près de 132 000 personnes supplémentaires, avec un délai d’exécution de dix mois.
Le ministre a exigé de l’entreprise le respect des délais et de la qualité des ouvrages, et appelé les services techniques à rester mobilisés.
Yere Ta : le CBF veut en faire un champ témoin
Toujours à Bobo-Dioulasso, le ministre a visité la ferme « Yere Ta » du Conseil burkinabè des filières agropastorales et halieutiques (CBF). Son Directeur général, Clément ATTIOU, a fait état de 243 hectares emblavés cette campagne, soit environ 36 hectares de semences (17,6 de niébé et 17 de maïs), près de 150 hectares de cultures vivrières et environ 80 hectares d’arboriculture, notamment anacardier et manguier.
Le ministre a invité le CBF à anticiper la campagne sèche en renforçant l’irrigation, afin d’étendre les superficies. Il a aussi recommandé d’élargir la gamme de cultures avec le palmier à huile, la vigne, la banane plantain et le cacao. L’ambition est de faire de Yere Ta un véritable champ témoin, vitrine d’itinéraires techniques performants et reproductibles.
Agropôle de Samendéni : restaurer les terres, associer les populations
À la ferme de l’Agropôle de Samendéni à Guénako, commune de Kourinion. Plus de 100 hectares de terres dégradées y ont été identifiés et des travaux de terrassement engagés. 60 hectares sont dédiés à un verger d’environ 12 000 manguiers. Le Directeur de l’Agropôle, Ludovic YIGO, a indiqué qu’une irrigation mobile est prévue en attendant des aménagements hydrauliques renforcés, et que plus de 100 tonnes de fumure organique ont déjà été apportées.
Côté semences, 34 hectares ont été emblavés au lieu des 15 prévus, en soja et en hibiscus, malgré un démarrage tardif des pluies et des épisodes de sécheresse. Le ministre a rappelé que les agropôles ne peuvent réussir sans les populations : « Nous avons mis en place les agropôles pour créer des schémas de production. Mais cela ne saurait se faire sans les populations. » Il a demandé des mécanismes d’intégration des communautés riveraines, en particulier des jeunes et des femmes, et réaffirmé l’objectif « zéro superficie irrigable non exploitée ».
Plus d’infrastructures pour accroitre la production agricole
D’une étape à l’autre, les enjeux varient. Sécuriser l’eau pour les populations, garantir des semences et alevins de qualité, et faire des investissements des leviers d’emplois et de revenus locaux.
Source : MAERAH