Restaurer les sols, en appliquant l’égalité des genres
Le 10 septembre 2026, le webinaire, organisé dans le cadre du programme Soil Values, a réuni plusieurs acteurs autour de la restauration des paysages. Restaurer un sol ne consiste pas seulement à planter des arbres ou à récupérer des terres dégradées. Ces actions touchent directement les communautés, leurs terres et leurs moyens de subsistance. Et lorsque les rapports de pouvoir ou les droits d’accès aux ressources sont mal pris en compte, certains peuvent se retrouver davantage marginalisés.
Le webinaire a eu lieu autour de la thématique : « Peuples, pouvoir et sols : Appliquer l’égalité des genres et l’inclusion sociale (GESI) et la prise en compte des conflits dans la gestion intégrée des paysages ». Les échanges ont permis de voir comment l’égalité des genres et l’inclusion sociale peuvent renforcer la restauration des sols en garantissant aux femmes, aux jeunes et aux groupes vulnérables l’accès aux ressources, à la prise de décision et aux bénéfices.
Quand des terres sont restaurées, qu’en est-il de ceux qui ont participé à leur restauration ? Ont-ils toujours accès à ces terres ? Ont-ils leur mot à dire dans les décisions ? C’est là que la question de l’inclusion prend tout son sens. Un projet peut donc réussir sur le plan environnemental, mais en créant de nouvelles difficultés pour certains.
La prise en compte insuffisante des coutumes, de l’accès des femmes à la terre et des rapports de pouvoir locaux a notamment contribué à l’exclusion de certains pasteurs et à la perte d’opportunités pour des femmes.
La question foncière a également occupé une place importante dans les discussions. Au Burkina Faso, les données présentées lors du webinaire montrent qu’une productrice cultive en moyenne 0,55 hectare, contre 2,70 hectares pour un producteur. Pourtant, des textes existent. Au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigeria, plusieurs politiques et dispositifs prennent en compte l’égalité de genre et l’inclusion sociale. Sur le terrain, leur application reste toutefois limitée par les pratiques coutumières, le coût des procédures ou encore les difficultés liées à la sécurisation foncière.
Des solutions déjà expérimentées sur le terrain
Plusieurs pistes ont été présentées. Accords intrafamiliaux pour sécuriser l’accès des femmes à la terre, accompagnement des collectivités, dialogue avec les autorités coutumières, produits financiers adaptés, renforcement des capacités ou encore mise en place d’outils permettant de mieux suivre l’autonomisation des bénéficiaires.
Au Nigeria, l’expérience d’ACREsAL repose sur l’accompagnement de groupes communautaires, les fonds rotatifs, les formations sur le compost et les pépinières, mais aussi la sensibilisation à l’égalité de genre et à la prévention des violences basées sur le genre.
Au Burkina Faso, un exemple présenté lors du webinaire montre également que des changements sont possibles. Dans la commune de Siby, le plaidoyer d’une agence foncière a permis à 11 femmes d’obtenir chacune un hectare de terre.
Aller au-delà des hectares restaurés
Les échanges ont rappelé une chose simple, la restauration des sols concerne aussi les personnes qui vivent et travaillent sur ces terres. À chaque projet, plusieurs questions doivent donc être posées : où restaurer ? Qui accompagner ? Qui prend les décisions ? Et surtout, qui bénéficie des résultats ?
Pour les participants, le succès d’une restauration ne peut pas être évalué uniquement au nombre d’hectares récupérés ou d’arbres plantés. Il faut aussi regarder ce que ces changements apportent aux communautés. Un meilleur accès à la terre, des opportunités économiques, davantage de pouvoir dans les décisions et une réelle place pour les femmes, les jeunes et les groupes vulnérables.