Tremplin : L’épreuve du terrain
Dans ce cinquième épisode, l’heure des beaux discours et des présentations théoriques est définitivement révolue. Les cinq coachs ont quitté la salle pour prendre la route et affronter la réalité concrète des entreprises. Leur objectif : vérifier si le quotidien des 30 candidats qualifiés est à la hauteur de leurs ambitions.
L’innovation et la rigueur au rendez-vous
Dès les premières étapes de cette tournée éprouvante, les coachs ont pu mesurer la capacité d’innovation de certains entrepreneurs. À Koupéla, Lassané POUGDA, a fait une démonstration en allumant sa cuisinière grâce au biodigesteur qu’il a conçu lui-même. Un système autonome qui transforme la bouse de ses bovins en gaz naturel et en compost bio.

Autre surprise marquante, la rigueur de gestion de Rosine SAWADOGO. Contrairement à beaucoup d’entrepreneurs freinés par l’absence d’outils comptables, Rosine a présenté une comptabilité entièrement numérisée sur son smartphone via l’application « Compta Simplifiée », lui permettant de piloter ses ventes de volailles et de légumes au franc près avec des alertes de stock automatisées. Un niveau de maîtrise qui n’a pas laissé le jury indifférent.
À Tenkodogo, c’est Assana BOMSIMBORGO qui a marqué les coachs avec ses pagnes tissés et teints en Koko Dunda, un savoir-faire artisanal qu’elle a su transformer en véritable opportunité commerciale.
Le choc de la réalité
Mais la tournée des coachs a également réservé son lot de déceptions. À Zano, le cas de Viviane KOUDOUGOU a créé un véritable choc. Alors qu’elle avait livré un pitch mémorable lors de l’épisode précédent, les coachs sont arrivés sur le terrain pour trouver une ferme sans poussins et une boutique en ville fermée pour cause d’absence de la promotrice. Un écart entre les promesses et le terrain qui a provoqué d’intenses débats entre les coachs, divisés entre la volonté d’exiger une rigueur de fonctionnement sans faille et le désir de soutenir un potentiel évident.

Des avis contraires se sont également faits entendre lors de la visite chez Aimée Sangomangré OUÉDRAOGO, à Mogtédo. Face à la présence active de son époux durant la présentation, les coachs se sont interrogés sur l’autonomie réelle de la candidate dans la gestion financière de sa ferme maraîchère, illustrant les défis complexes d’appropriation et de leadership féminin dans le tissu économique local.
Plus que 20 places en jeu
Entre ces découvertes ingénieuses et les diagnostics sans complaisance posés sur les faiblesses d’organisation de certains candidats, cet épisode 5 aura été un révélateur indispensable.
Pour les 30 candidats encore en course, la pression ne fait que monter. Les coachs ne retiendront que 4 entrepreneurs par équipe pour la phase suivante. Sur les 30 qualifiés du pitch, 10 verront très bientôt leur aventure s’arrêter aux portes des coachings personnalisés. La vérité du terrain a parlé, et le choix des coachs s’annonce plus difficile que jamais.