Tu me paies combien pour filmer mes activités ?

AgribusinessTV 12 juin 2024 639 Aucun commentaire

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Bientôt un an que je suis journaliste multimédia à Agribusiness TV. Une aventure passionnante. J’ai la chance de sillonner des localités du Burkina Faso. À la découverte de ces jeunes hommes et femmes qui font l’agriculture burkinabè d’aujourd’hui et de demain.

Vos commentaires, likes et partages à la diffusion de chaque vidéo me boostent. Mais certaines réalités sur le terrain sont parfois démotivantes.

En effet, il n’est de plus en plus de personnes, des jeunes en particulier, vu que c’est notre cible première, qui exigent d’être payés pour être interviewés. Vous partez dans une localité donnée du Burkina Faso, vous demandez à rencontrer quelques jeunes pour échanger avec eux sur leur quotidien, les défis qu’ils rencontrent en tant que jeune dans cette zone particulièrement, leurs rêves et ambitions en tant que jeunes, etc. et au lieu de voir l’opportunité qu’on leur offre de s’exprimer, certains te demandent plutôt s’ils seront payés pour ça.

Une attitude déconcertante

Pire, les entrepreneurs qui au contraire devaient payer pour qu’on fasse leur promotion, certains nous demandent si on vient filmer leurs activités entrepreneuriales pour les financer ou les doter de matériel plus tard. À ce que je sache, ce n’est pas le rôle d’un média. Peut-être que ceux qui pensent ainsi ignore le rôle d’un média. 

« Mais comme ça là, vous allez nous payer ou quoi ? » « C’est pour après financer nos activités ou nous donner du matériel ? » « Qu’est-ce qu’on gagne à long terme ou à court ? » « Il y a des journalistes qui sont déjà venus nous interviewer, filmer nos activités, on leur a parlé de nos activités. Mais, on n’a rien eu en retour, jusqu’à aujourd’hui notre situation n’a pas changé. » « C’est un projet non ? » « Ah ici-là, pour rencontrer les jeunes, il faut prévoir des enveloppes pour eux ? » Des phrases que j’ai l’habitude d’entendre.

Il faut un changement de mentalitées

Sur ces multiples questionnements auxquels on fait souvent face sur le terrain, j’essaie de leur faire comprendre que nous sommes un média et non une ONG ou un projet, et que notre objectif n’est pas de financer quelqu’un. Certains comprennent, mais d’autres disent que si c’est le cas, ils ne gagnent rien à nous accorder leur temps pour répondre à nos questions. C’est quand même regrettable pour une jeunesse qui aspire aux changements. On peut même se demander d’où vient cette façon de penser ? Est-ce la pauvreté qui les pousse à penser ainsi ? C’est vrai qu’on entreprend pour se faire du chiffre, mais notre conduite ne doit pas être guidée par l’amour de l’argent. Si d’autres entrepreneurs se réjouissent quand je les contacte dans le but de réaliser un reportage sur leur parcours entrepreneurial sans demander ce qu’ils vont gagner en contrepartie en termes d’argent, il est inconcevable qu’il y ait des brebis galeuses.

Yenntéma Priscille OUOBA

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