Chapeau bas à nos chercheurs

AgribusinessTV 3 juillet 2024 568 Aucun commentaire

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Je partage avec vous une découverte qui m’a impressionnée il y a trois semaines.  Dans le cadre de l’émission Les Agri Explorateurs, qui sera bientôt diffusée sur les différentes plateformes numériques d’Agribusiness TV, j’ai été à Orodara, une ville située à près de 400 kilomètres de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.  J’ai découvert et échangé avec un producteur d’ananas. Je savais qu’on en produisait au pays, mais c’était ma première fois d’être dans un champ d’ananas qui présente une si fière allure. Je vous assure que lorsque j’ai fini de savourer du regard son ananeraie, j’ai poussé un ouf de soulagement, me disant intérieurement que bien d’autres spéculations peuvent réussir sur notre terre, jugée incultivable. 

Je me souviens encore de mes cours à l’école, où les enseignants nous répétaient, comme une antienne, que dans un pays sahélien comme le nôtre, il est extrêmement difficile de faire pousser certaines productions. Et ils n’avaient pas tout à fait tort. Ce qui me réjouis aujourd’hui, c’est que la réalité d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui. De nombreuses contraintes sont domptées grâce aux avancées de la recherche agronomique.

Du riz adapté aux conditions climatiques

Prenons l’exemple du riz qui, dans les pays du Sahel, est habituellement cultivé dans les bas-fonds. Actuellement, le riz pluvial, aussi appelé riz de montagne, est cultivé sans être immergé. Et cela est rendu possible grâce aux chercheurs qui ont su concocter les bonnes recettes pour faciliter cette avancée. 

Parlant toujours du riz, l’une des céréales les plus consommées en Afrique, la recherche a joué un grand rôle pour pouvoir mettre à la disposition des agriculteurs des variétés qui s’adaptent à nos conditions.  Parce qu’avec le changement climatique, la saison des pluies qui est de plus en plus une denrée rare laisse place à des poches de sècheresse. Et face à cette aride réalité, il fallait des variétés précoces et qui s’adaptent. Et c’est là que les chercheurs ont sorti de leur laboratoire des variétés de riz à cycles plus courts et qui sont récoltés au bout de 90 jours.

Dans un passé récent, les riz aromatiques qui garnissaient nos assiettes étaient essentiellement importés. Aujourd’hui, la recherche a mis au point des variétés de riz parfumés qui répondent au goût du consommateur africain. On voit de plus en plus des variétés aromatiques comme la « ORYLUX 6 » qui sont prisées.

Vulgarisation et adoption des fruits de la recherche

Grâce aux résultats de recherche, presque tout devient possible. Mais, il faut davantage vulgariser les résultats de la recherche, sensibiliser les populations à les adopter et insister sur le respect des itinéraires techniques de production par les agriculteurs. Car, la recherche agronomique enlève aujourd’hui une grosse épine au pied des agriculteurs.

Revenons et terminons sur le cas de l’ananeraie dont je vous ai parlé un peu plus haut. Quand je vois les tonnes d’ananas importées au Burkina Faso, vous conviendrez avec moi que sa production à grande échelle occuperait une place de choix et ferait une bonne affaire pour les producteurs, les transformateurs de fruits et surtout pour les jeunes vendeurs qui sont aux abords des voies à la recherche de leurs pitances quotidiennes.

Aïcha SAWADOGO

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